Roman

Ce que nous confions au vent de Laura Ima Messina

couv55277933Ce que nous confions au vent

titre original : Quel che affidiamo al vento

Autrice : Laura Ima Messina
Traduit de l’italien par Marianne Faurobert

Lu par Clara Brajtman

5h01

Audiolib, 2021
Aditions Albin Michel, 2021

 

résumé Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d’un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.
En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C’est pour leur exprimer sa peine qu’elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi, qui élève seul sa petite fille. Mais une fois sur place, Yui ne trouve plus ses mots…
C’est un endroit réel qui a inspiré à Laura Imai Messina ce magnifique roman. Ode à la délicatesse des sentiments, Ce que nous confions au vent est une puissante histoire de résilience autour de la perte et la force rédemptrice de l’amour.

cequejenaipenséJe n’avais pas du tout entendu parler de ce roman et je ne comprends pas pourquoi.
Un roman inspiré d’un lieu réel, un roman rendant hommage aux victimes du tsunami de 2011 au Japon, ce roman donne la parole aux gens en deuil, qui doivent continuer à vivre malgré tout, malgré la douleur, malgré la vie qui s’est arrêté pour eux. 

Il nous faut quatre câlins par jour pour survivre. Huit pour fonctionner. Et douze pour nous épanouir.

Ce lieu se situe  non loin du mont Kujira-yama. Au cœur d’un jardin se trouve une cabine téléphonique. Relié à rien. Chaque année, des milliers de personnes viennent passer un appel, confiant leurs mots au vent pour qu’ils atteignent leur(s) mort(s).

Yui a perdu sa mère et sa fille lors du tsunami de 2011. Ce jour-là, le Japon a été marqué au fer blanc. Yui l’a été au plus profond de sa chair. Ayant entendu parlé de cette cabine téléphonique, elle s’y rend. Mais une fois sur place, elle ne sera pas capable de décrocher, de parler, d’adresser son message.
Elle va y rencontrer Takeshi qui lui a perdu sa femme (dans d’autres circonstances) et qui élève désormais sa petite fille seul. Leur douleur va se faire écho, leur perte va raisonner.

Régulièrement, ils vont se retrouver là-bas. Ils vont apprendre à s’écouter, à se connaître. Une complicité va naître entre eux, une complicité naît dans une même douleur.

C’est avec beaucoup de délicatesse et de pudeur que Laura Imai Messina nous décrit les sentiments de ses personnages. Elle effeuille leurs ressentis, nous dévoile leur âme peu à peu. On les approche délicatement, avec précaution, on prend le temps de les connaître, de les apprivoiser. Et entre eux, il en va de même.

L’autrice interroge la perte, la douleur, la reconstruction de celui qui reste. Peut-il continuer à vivre « normalement » ? Comment survivre à la perte d’un enfant ? d’une âme sœur ? A-t-on le droit d’éprouver à nouveau des émotions ? Est-ce seulement possible ? Et si en les perdant, on les oubliait ?

On reste parents, même quand nos enfants ne sont plus.

L’autrice entre dans l’intimité des émotions de ses protagonistes pour aborder à sa façon les différentes étapes du deuil. En découvrant cette histoire de cabine téléphonique, l’autrice, comme elle l’explique en fin de roman, a beaucoup hésité à en faire un roman. Ce lieu doit rester avant tout symbolique. Il a un rôle prépondérant dans le deuil de nombreuses personnes et il doit rester un lieu symbolique et ne pas devenir un lieu touristique. Mais elle a voulu rendre hommage à celui qui a donné un sens à ce lieu, à ses milliers de personnes qui s’y rendent. Elle a voulu aussi donner la voie aux personnes ayant perdu quelqu’un lors du tsunami de 2011 sans parler de Fukushima car ce jour-là il y a eu d’autres victimes dont on a si peu parlé.

Le roman se passant au Japon, avec des personnages japonais, l’autrice aborde son sujet délicat avec retenue, avec la pudeur qui au centre de l’identité, de la culture japonaise. J’ai aimé cette retenue dans l’écriture, dans les émotions.
J’ai moins aimé les listes, les descriptions très terre à terre entre les chapitres. Elles m’écartaient du récit, ne comprenant pas dans un premier temps leur intérêt. Ces listes, ces descriptions non romancées servent à ancrer le récit dans une réalité, montrer un pan de vie, pour que le lecteur soit dans une certaine mesure omniscient.

Dans la version Audiolib, Clara Brajtman prête sa voix à Yui et aux siens. Elle a su garder une distance, une retenue dans les émotions, tout en partageant la douleur, les questions. Une voix douce parfaite pour un texte délicat.

en bref

Un roman tout dans la délicatesse, dans la finesse. Un roman qui respecte les émotions des personnages, du lecteur.
Merci à Audiolib et à Netgalley pour cette audiolecture !
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