Bande dessinée

Les Mains de Ginette de Olivier Ka et Marion Duclos

Les Mains de Ginette

Auteur : Olivier Ka

Illustratrice : Marion Duclos

98 p.

Delcourt, 2021 (Mirages)

résumé On l’appelait « La Crabe ». À cause de ses mains qui faisaient penser à des pinces. À peine deux doigts comme des antennes collées sur des boursoufflures.
Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il fut une époque où on l’appelait encore Ginette, une époque où elle était la femme de Marcelin le droguiste, une époque où Marcelin était fou amoureux de ses mains…

cequejenaipensé Marcelin tient la droguerie du village. Il est le spécialiste des mains et surtout des gants en caoutchouc. Chez lui, c’est une véritable religion d’adapter le bon gant à la bonne main, le bon gant au bon produit. C’est le fond de commerce, la richesse de sa boutique. Il a tout ce qu’il se fait de mieux. Chaque nouveau client repart forcément avec une bonne paire de gant.

Six mètres linéaires ! Des gants de toutes les tailles, de toutes les teintes, rien que de la qualité, en provenance d’Allemagne, d’Italie et d’Angleterre. (…) Marcelin savait parler aux femmes. De leurs mains, surtout. C’est qu’il les aimait, leurs mains. Il en était amoureux. Il les regardait, il les caressait, il les admirait. Et les femmes étaient ravies. Elles repartaient avec un produit parfaitement adapté à la nature de leur peau et à la morphologie de leurs doigts.

Un jour, entre une nouvelle cliente. La nouvelle postière, Ginette. Marcelin tombe sous le charme de la beauté de ses mains. Ils finissent par se marier.

Mais le rêve de Marcelin va s’écrouler. Ginette se révèle jalouse, destructrice. Elle commence à contrôler les horaires de son magasins, met le nez dans ses affaires. Elle trouve qu’il voit trop de mains. Ginette change. A la première crise violente, Marcelin lui trouve des excuses, à la seconde il recommence. Autour de lui clients, amis et voisins s’inquiètent. Le cas Ginette fait parler.

Aujourd’hui encore, des dizaines d’années plus tard, quand commence cette bande dessinée, cette histoire est encore dans les mémoires, mais elle est devenue tabou. Ginette est toujours là mais on l’appelle désormais « la Crabe ». Elle vit seule, et peu de personne lui adresse la parole.

Que s’est-il passé ? Pour le savoir : il vous faudra ouvrir cette bande dessinée !

En découvrant ce livre à la couverte colorée, puis les dessins énergiques, aux couleurs toujours aussi vives, de Marion Duclos,  je ne m’attendait pas forcément à un tel récit. Et pourtant les deux vont parfaitement bien ensemble. Les couleurs s’adaptent à la vivacité de la personnalité de Marcelin, à la fougue destructrice de son histoire avec Ginette. On découvre ainsi une explosion de couleurs, de traits de crayon quand Ginette se met en colère puis les couleurs virent à des tons plus sobres quand les planches évoquent la solitude de « la Crabe ».

Le scénario évoque donc les difficultés d’un couple soumis à la jalousie de l’un. Un mal qui s’insinue vicieusement, qui s’abat par vague violente. Comment elle peut avoir un effet toxique, malsain dans les relations humaines. Jusqu’où la peur de perdre l’autre, le manque de confiance en soi peut pousser à aller dans nos relations avec l’être aimé ? Il ne cherche pas d’excuses mais essaie de comprendre les mécanismes, le pourquoi du comment.

2 réflexions sur “Les Mains de Ginette de Olivier Ka et Marion Duclos

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