Roman

Je revenais des autres de Mélissa Da Costa

couv5097096Je revenais des autres

Autrice : Mélissa Da Costa

Lu par Aaricia Dubois

15h48

Audiolib, 2022
Albin Michel, 2021

 

résumé Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.
Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.

 cequejenaipensé Je continue à découvrir avec grand délice la bibliographie de Mélissa Da Costa et toujours en format audio ! Il y a des auteurs pour lesquels je n’ai jamais lu une ligne mais toujours audiolu : Camilla Läckberg par exemple et désormais Mélissa Da Costa. Mais pour l’une comme pour l’autre : ne jamais dire jamais! Car de toutes les façons, je suis fan de leurs univers (très différents j’en conviens!!).

C’est donc toujours avec curiosité et douceur que j’ai commencé ce nouveau roman tout en apprenant qu’une suite venait de sortir! Quelle belle nouvelle!

Après la maladie et le deuil, Mélissa Da Costa s’attaque à un autre thème grave : la dépression.

Ambre, tout juste vingt ans, vit depuis plusieurs mois une aventure passionnée avec Philippe, 40 ans… et marié. Pour lui, elle a tout plaqué. Pour lui, elle s’est fâchée avec sa famille. Pour lui, elle vit dans la solitude d’un petit studio. Dans l’attente d’une de ses visites.

Mais tout ça lui pèse. Et elle finit par faire un geste terrible. A l’hôpital, Philippe se sent coupable et lui propose un nouveau départ. Loin de lui. Loin de ce quotidien. Un ami à lui tient un hôtel dans les Alpes et il recherche des saisonniers. La voilà donc parti pour plusieurs mois dans un lieu qu’elle ne connaît pas avec des personnes qu’elle ne connait pas.

Elle sourit. Car elle venait de comprendre, avec un mélange de tristesse et de mélancolie, qu’il valait mieux pleurer toutes les personnes merveilleuses qu’on perdait plutôt que de ne jamais les avoir connues.

D’abord intimidée et un peu perdu, elle choisit d’avancer. Le travail ne lui déplait pas et très vite elle noue des liens d’amitié avec certains de ces collègues. Notamment Rosalie, une jeune maman célibataire, et Tim. On la sent s’épanouir, s’ouvrir même si plane toujours au-dessus de la tête son histoire d’amour avec Philippe, son espoir qu’il la rappelle, qu’il revienne vers elle. Elle s’est débarrassée de ses prescriptions pour sa dépression bien trop vite. On le sent. Elle est à fleur de peau.

C’était une sensation bizarre, une sensation oubliée depuis longtemps. C’était… oui, c’était ça, un semblant d’émotion, une infime particule de ce qu’elle avait perdu depuis longtemps. De l’espoir.

Mais le temps file et cet hôtel a un effet apaisant sur elle, un effet curatif. Vivre dans ce lieu, avec ses collègues, en huis-clos est propice à la remise en question, à profiter de la vie autrement. Peu à peu, elle va se confier, abattre ses murailles qu’elle avait construit autour d’elle. Elle va construire une relation très fusionnelle avec Tim. Quelque chose les rapproche. La douleur du passé, les fêlures.

Mais la vie ne devient miraculeusement plus belle. Les rancœurs et la douleur sont toujours là, à attendre, prêt à exploser à la moindre contrariété. Et la jalousie aussi s’immisce dans les cœurs et la petite bande de copains va devoir affronter les humeurs des uns et des autres.

Dans ce nouveau roman, Mélissa Da Costa parle avec justesse et réalisme des émotions. Celles que l’on perçoit, celles que l’on ressent, celles que les autres décodent, celles que les autres imaginent. Les émotions sont au cœur des relations humaines : elles peuvent apaiser comme provoquer des séismes. Et c’est la vraie vie. Les véritables réactions. Ambre a des réactions parfois immatures dues à sa jeunesse, à son manque d’expérience et surtout à sa sensibilité. Mais j’ai quand même trouvé que certains personnages avaient des propos très injustes envers elle qui n’est pas du tout malintentionnée (ou en tout cas pas consciemment). Elle essaie juste d’être elle, de reprendre goût à la vie après son geste. Alors c’est sûr que nous nous avons un regard presque omniscient mais bon quand même! Merci la jalousie !

Il faut que tu laisses tomber tout ça. Toute cette colère que tu traines en permanence avec toi. Ce ressentiment contre tes parents, ça t’épuise. C’est fatigant la colère. Ça fait mal, ça vide de toute énergie… et c’est inutile. Ils ont fait un pas vers toi, alors tu devrais essayer de lâcher prise. Pas forcément pour eux, mais pour toi, pour retrouver une certaine paix.

La fin est belle. Ouverte. Prometteuse. Ambre a encore des choses à résoudre mais on la sent plus légère, plus confiante. Grâce à Philippe, elle a trouvé le bon lieu, les bonnes personnes au bon moment.

A ses côtés, j’ai vécu cette saison salvatrice. J’ai eu peur pour elle. J’ai eu mal au cœur pour elle. Et j’ai espéré qu’elle guérisse…

Dans la version Audiolib, c’est Aaricia Dubois (je ne connaissais pas votre prénom : il est magnifique!!) qui incarne Ambre. Sa voix fluette, douce aux connotations enfantines et candides est parfaite pour camper ce personnage. J’espère d’ailleurs que ce sera elle qui sera derrière le micro pour nous partager la suite, Les Douleurs fantômes.

 

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