Bande dessinée

Radium girls de Cy

couv20946840Radium girls

Autrice : Cy

136 p.
Glénat, 2020

 
 
 
résuméLa découverte du radium fait une entrée fracassante dans les États-Unis des années 1920.

L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente.

1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis d’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres, avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir.

Lip. Dip. Paint.

Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.

cequejenaipensé Je suis Cy sur Instagram depuis un bon moment maintenant. Elle aime partager les étapes créatives de ces planches de bandes dessinées et j’adore la regarder faire! Mais elle aime aussi nous parler de son métier, des rencontres, du travail éditorial mais aussi des difficultés rencontrées (cette semaine elle a abordé le thème de la Sofia par exemple). Pour une fois, je connais l’autrice avant de découvrir son oeuvre. 
C’est désormais chose faite avec cette fabuleuse bande dessinée que j’avais très envie de découvrir.

Radium girls aborde une histoire vraie, l’histoire de femmes qui ont été empoissonné à leur insu par des doses de radium quotidiennes alors qu’elle travaillait dans un atelier de montres. C’est un post sur les réseaux sociaux qui a fait découvrir cette histoire à l’autrice et qui lui a donné envie d’en savoir plus et ensuite d’en parler par le biais de cette BD. 

Une histoire qui semble incroyable, mais malheureusement réelle.

Au début des années 20, le radium vient d’être découvert. Ces utilisations vont devenir nombreuses aux Etats-Unis notamment. Son côté phosphorescent nourrit l’imagination. Et c’est ainsi que les femmes que nous allons suivre entre ses pages sont devenues ouvrières dans un atelier d’horlogerie avec comme objectif de peindre des centaines de cadran de montres avec une peinture au radium.

Lip. Dip. Paint. 

Une méthode qui consiste à pincer le pinceau entre ses lèvres pour l’affiner, le tremper dans la peinture et ensuite de peindre. Un geste répétitif. Qui va les empoissonner petit à petit.

radium_girls_jpeg_page_013

Ces jeunes femmes, avec ce métier, accèdent à un peu d’indépendance. Les femmes sont (encore) à l’époque la propriété du père puis du mari.  Avec ce métier, elles sont entre elles, créent des amitiés. Mais quand la première d’entre elle tombe malade, les soupçons se portent de suite sur sa petite vertu. Et puis, les doutes commencent à s’immiscer dans l’équipe. Certaines ont des douleurs, souffrent des dents. Mais elles se convainquent qu’il s’agit de simples coïncidences. Leurs patrons sont bienveillants, ils ne leur feraient pas courir volontairement un tel risque non ?

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Les années passent. Certaines se marient, ont des enfants, changent de métier.

Mais les douleurs, les symptômes les rattrapent.

Et la sentence tombe. Elles ont été irradiés. On peut les soulager. Mais c’est incurable.

A la douleur et au choc, la colère succède. L’entreprise doit payer. Le système de santé américain était déjà ce qu’il est aujourd’hui. Peu accessible pour les gens modestes. Et ne parlons pas de la loi qui place ces agissements hors des délais de prescription.

Dans cette bande dessinée, Cy donne la voix à ses femmes qui ont vécu l’injustice, qui ont vécu une douleur inimaginable. Comme si elles devaient être doublement punie.

Dans cette histoire, l’autrice nous raconte des moments de vie heureux qui ont été sacrifiées au bénéfice des décideurs, des vies qui ont servie de cobayes et qu’on a rejeté ensuite. Mais ces femmes ont décidé de se rassembler, que leurs morts ne serviraient pas à rien. Alors même si aujourd’hui, on ne connaît pas leurs histoires, du moins en France, leur combat a servi à changer la loi.

Je vous parle de l’histoire car elle m’a profondément émue et touchée mais l’autre force de cette bande dessinée ce sont les illustrations. Tout au crayons de couleur et en dégradé de quatre teintes. Le tout donne de l’élégance, et de la force au récit. Je suis complètement sous le charme de son coup de crayon, et de la force qui se dégage des images.

en bref

 

 

Une bande dessinée à découvrir de toute urgence !

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