Roman "jeunes adultes"

A(ni)mal de Cécile Alix

A(ni)mal

Autrice : Cécile Alix
260p.
Slalom, 2022


résumé

 

Je suis un homme
 » Tu ne dis pas d’où tu viens, tu ne dis pas ton nom, tu oublies ton pays, compris ? Tu m’oublies. Et tous les autres que tu connais, que tu as connus, tous, tu les oublies aussi. Et qui tu es, tu l’oublies. À partir de maintenant, tu n’es personne, tu n’es de nulle part. À toi de redevenir quelqu’un, c’est possible. C’est possible, tu m’entends ? À ton âge, tout est possible. « 

Avoir 15 ans dans un pays en guerre, être forcé de devenir un homme, se retrouver projeté sur les chemins de la clandestinité, effleurer les limites de l’humanité, apprendre à survivre, s’effacer, oublier…

Puis
Vivre – à nouveau
Ressentir – encore
Faire confiance – petit à petit
Garder espoir – toujours

Le parcours d’un migrant, des difficultés indicibles de son voyage jusqu’à la résilience.

 
cequejenaipensé S’effacer.
Fuir.
Oublier son identité.
Se reconstruire.
Partir.
Affronter.
Trembler.
Ne plus faire confiance.
Tout quitter pour…
 
Cécile Alix nous propose un roman qui secoue! qui laisse KO. Un roman qui bouleverse. 
Son personnage principal n’a que 15 ans. On le découvre en train de se faire raser la tête par sa mère, se préparant à fuir un pays en guerre, un pays où sa vie est menacée sans cesse. Son père a été tué. Ses deux frères sont mort noyés en tentant de rejoindre l’Europe.
C’est à son tour de partir « à l’aventure ». Il a 15 ans, il est presque adulte, il peut affronter ça. Sa mère, tout en le préparant, lui donne les dernières consignes : ne pas parler, oublier qui il est, oublier d’où il vient, obéir, se faire discret, affronter, avancer pour atteindre son but : Paris. 
On va donc suivre Miran quitter tout ce qu’il a connu jusqu’à présent avec pas grand chose sur lui. Le premier voyage en camion, la violence des passeurs, la peur au ventre, les menaces, les intimidations, les coups, les cris. Puis, ce sera autour de la traversée en barque. Là encore, une épreuve difficilement imaginable. Les mots sont durs, reflétant une réalité crue, une réalité que beaucoup préfèrent faire comme si elle n’existait pas. Pourtant Miran et les autres migrants vont affronter cette réalité. Ils n’ont pas le choix. Ils savent que c’est dangereux, qu’ils jouent leur vie mais ils n’ont pas le choix. Chez eux, c’est pire. L’Europe, Paris pour Miran, ça fait rêver. C’est une lueur d’espoir. Ils savent que ça ne sera pas facile qu’ils ne seront pas forcément bien accueillis mais ce sera toujours mieux que chez eux. Un chez eux qui n’est pas sûr, un chez eux où chaque jour leur vie est en danger. Miran à seulement 15 ans va affronter ça seul.
Arrivé en Italie il rencontrera une femme incroyable. Arrivé en France, il fera aussi de belles rencontres. Mais il ne sait pas à qui faire confiance ? À qui se fier ? Il est désormais un mineur isolé étranger . Doit-il aller en foyer ? doit-il se débrouiller tout seul? Quand pourra-t-il retrouver son identité? dire qui il est vraiment? d’où il vient ? ce qu’il a vécu? ce qu’il a dû affronter? être de nouveau lui-même ?
Cécile Alix nous offre ici un roman qu’on ne peut pas quitter. On ne peut pas quitter ce personnage, on ressent beaucoup de choses. Il y a des choses qui sont dites dans une réalité dure, cruelle et d’autres qui sont dites à demi-mots.
La majorité des gens qu’il va rencontrer ont une bonne âme, vont lui tendre la main. Mais il y a aussi ceux qui ont peur de l’étranger. Ceux qui ce qui se méfient, ceux qui voient en l’étranger un danger. Et ça aussi c’est une réalité.
Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que Cécile Alix se met à la place de ce personnage, donne à vivre à ses côtés cette clandestinité, ce voyage difficile. Le lecteur est amener à réfléchir, à comparer sa vie à celle de ce personnage. Quand on parle de clandestins, de migrants, on entend les drames, on entend la misère, on entend la peur. Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que l’autrice met aussi en avant la générosité de certaines personnes. Certains ont peur mais d’autres savent tendre la main, savent aider sans arrière-pensée, sans contrepartie à part la solidarité. Ce roman nous pousse à aller plus loin dans la réflexion sur la thématique des migrants.
 
Le dernier chapitre de ce roman est fort. Les non-dits sont éclairés et le titre du roman devient plus clair, logique. juste parfait pour ce récit.
 
Ce roman ne peut laisser indifférent. On prend ce voyage périlleux en plein cœur. Régulièrement les yeux remplis de larmes, la gorge serrée par ce que vit le personnage. Un roman à lire de toute urgence : il est essentiel pour réveiller les mentalités.
 
en bref Un roman fort, poignant. Une dure réalité qu’il ne faut pas oublier ni taire.
 
 
 
 
 

3 réflexions sur “A(ni)mal de Cécile Alix

  1. Eh bien, je ne peux dire qu’une chose wish list. C’est un thème que j’aime beaucoup qui me revolte donc si en plus il est bien développé et émouvant, je suis preneuse. J’en ai lu deux sur ce thème dont Entre deux mondes qui est vraiment très beau.

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