Roman policier / Thriller

Les Crimes de nos pères d’Asa Larsson

couv50889158Les Crimes de nos pères

Titre original : Fädernas missgärningar

Auteur : Asa Larsson
Traduit par Anne Karila
Lu par Odile Cohen

20h51

Audiolib, 2022
Éditions Albin Michel, 2022

résumé Sur une petite île du nord de la Suède, on découvre coup sur coup deux cadavres. Si le premier décès est récent, l’autre remonte à… il y a plus de cinquante ans. Quel est leur lien ? Et où s’arrêtera ce sinistre décompte ? Criminalité organisée, escroquerie immobilière, prostitution… Rebecka remonte une piste aux ramifications inattendues et multiples, loin d’imaginer qu’elle va lui révéler de terribles secrets sur l’histoire de sa propre famille.

 cequejenaipensé Avant d’écouter ce roman et d’arriver aux remerciements, je ne savais pas que l’autrice, Asa Larsson, faisait ses adieux à son personnage emblématique Rebecca Martinsson. Un personnage féminin fort, réaliste. Et du coup, je comprends mieux l’ambiance mélancolique, nostalgique de ce roman. 

Comme pour les précédents titres de la sérié, l’enquête va se concentrer sur un corps qui « refait surface », doublé avec une affaire dans le présent.

Sur une petite île isolée, une sœur découvre le corps de son frère qu’elle n’a pas vu depuis des années. En cherchant de la nourriture pour le chien, elle découvre un autre cadavre… dans un congélateur.

Rebecka va se retrouver en charge de cette enquête. Le premier homme va se révéler être le frère adoptif de sa mère et le second le père d’un champion de boxe, disparu cinquante ans plus tôt. Quel peut être le lien entre les deux? Ce qui est sûr c’est que Rebecka va remuer le passé, qui va se répercuter à la fois dans la mafia russe (escroquerie, prostitution) mais aussi dans sa propre histoire familiale.

L’enquête va se révéler complexe et surtout compliquée de par le milieu mafioso qui semble être lié au premier meurtre, mais aussi par Rebecka, elle-même. En effet, elle n’est pas au meilleur de sa forme. Elle est marquée psychologiquement par ses mésaventures précédentes. Elle est usée, fatiguée. Et par dessus ça se rajoute un inconfort professionnel. On la surcharge de tâches ingrates, on lui retire les dossiers intéressants. Alors quand elle peut mettre la main sur cette affaire, elle ne s’en prive pas. Mais il y aura un retour de bâton. C’est ce que j’apprécie dans les romans d’Asa Larsson : les personnages principaux ne sont pas épargnés pas. Ils ne sont pas « extraordinaires ». Ils sont comme tout le monde, avec des hauts et des abs, avec des défauts. Ils commettent des erreurs. Ils sont fatigués, las.

Dans ce roman, la vie privée de Rebecka, d’Anna-Maria et des autres protagonistes prennent le dessus sur l’intrigue. Entrainant quelques longueurs tout au long du roman. J’avoue qu’à chaque digression, je me demandais pourquoi l’autrice nous faisait ça. Comme si ces meurtres n’étaient qu’un prétexte pour en savoir plus sur Rebecka. En ayant écouter les derniers mots de l’autrice, je comprends maintenant qu’elle disait adieu à ce personnage, qu’elle rendait hommage à son abnégation, à sa force de caractère (et à son mauvais caractère!), à son envie de vérité. Mais aussi qu’elle mettait en avant les personnages secondaires qui l’ont accompagnés tout au long de cette série.

En ce qui concerne l’enquête elle-même, elle a quand même le mérite d’exister. Les questions sont nombreuses entre le lien entre le cadavre d’aujourd’hui et celui d’il y a 50 ans. Un homme que son fils, champion de boxe, a toujours espéré revoir. On lui donne la possibilité de lui dire au revoir. mais pas de rendre justice car son meurtre est soumis à prescription. Grâce à Rebecka et à ses contacts, il pourra en savoir plus. Car de toute façon son meurtre est forcément lié à celui de l’oncle adoptif de Rebecka. D’autres corps vont être retrouvé et leurs enquêtes va les mener dans le milieu de la prostitution et des escroqueries à grande échelle. Rebeckaet Anna-Maria vont aller là où ça dérange !

Il n’était pas du genre sentimental, Pohjanen. Dommage pour les gens, mais l’homme est un loup pour l’homme. Et il avait tout eu entre les mains, lui. Femmes et enfants battus à mort, jeunes suicidés, accidents tragiques, meurtres et maladies. Au fil des ans tout cela s’était accumulé pour former en lui un fond de tristesse, une résignation que son épouse appelait cynisme. C’était devenu le fondement de sa personnalité professionnelle.

Et si l’enquête semble nous mener des réponses plausibles et crédibles, les derniers chapitres vont tout remettre en question…

Ce que j’ai apprécié dans cet opus, c’est le portrait géopolitique de la Suède, en apprendre un peu plus sur le contexte, sur le pays, sur les coutumes et aussi sur son développement économique (et les rivalités de territoires qui en découlent).

Comme pour le tome précédent, la version audio est portée par la voix d’Odile Cohen. Une voix affirmée et douce qui sait ajouter au climat énigmatique du roman. Elle donne une personnalité propre à chaque personnage en modulant sa voix et son jeu nous entraine dans son sillage, malgré les passages peut-être moins captivants et qui prendront sens à la fin de notre lecture.

Malgré quelques longueurs (qui s’expliquent au final par le contexte du roman), une enquête intéressante et une double intrigue cernée sur les personnages. Un joli adieu à cette série.
Merci à Netgalley et Audiolib pour cette écoute.

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