Adrien Darcy, journaliste sportif , est en convalescence. Il vient de survivre à un grave accident de la route. Le jeune homme, la trentaine, n’a jamais su tenir en place et veut reprendre du service. Charles Batifol, son rédacteur en chef à la Montagne, quotidien régional basé à Clermont-Ferrand, lui confie un dossier non sportif : le meurtre de trois libraires de la région en trois mois. Darcy rechigne, ce n’est pas son domaine. Il finit cependant par accepter la mission : enquêter discrètement pour découvrir ce que la police n’a pas découvert, et en faire une avant-première dans La Montagne.
Un accident qui stoppe net une vie lancée à toute vitesse, et une enquête qui n’a, en apparence, rien à voir avec le monde qu’on connaît. Voilà comment débute Le cercle des derniers libraires de Sylvie Baron.
Adrien Darcy, journaliste sportif, se retrouve contraint de ralentir après un grave accident. Lui qui vivait dans le mouvement doit désormais composer avec l’immobilité… jusqu’à ce qu’on lui confie un sujet inattendu : enquêter sur une série de meurtres visant des libraires indépendants. À contrecœur, il plonge dans un univers qui lui est totalement étranger — celui des livres, des passionnés, et de celles et ceux qui les défendent bec et ongles.
Ce qui m’a immédiatement séduite, c’est cette immersion dans le monde des librairies. On sent un véritable attachement à ces lieux, à ces personnes qui font vivre les livres au quotidien. Il y a quelque chose de profondément sincère dans cet hommage, ponctué de clins d’œil qui parleront forcément aux amoureux de lecture.
L’enquête, elle, se suit avec plaisir. Elle est bien construite, suffisamment intrigante pour donner envie de tourner les pages sans pour autant tomber dans une tension oppressante. C’est un polar accessible, qui prend le temps d’installer son décor et ses personnages. Peut-être même un peu trop au départ : l’intrigue met un certain temps à se lancer, mais une fois en place, elle devient nettement plus prenante.
Côté personnages, j’ai apprécié leur évolution. Adrien, notamment, gagne en épaisseur au fil des pages, à mesure qu’il découvre un monde qu’il ne soupçonnait pas. Certaines figures auraient mérité d’être encore plus approfondies, mais l’ensemble reste attachant et cohérent.
Au final, j’en retiens une lecture agréable, fluide, qui mêle enquête et amour des livres avec justesse. Ce n’est pas un polar haletant, mais plutôt une parenthèse chaleureuse, portée par une intrigue solide et un vrai respect pour celles et ceux qui font vivre la littérature.
Un roman qui plaira sans doute particulièrement à tous ceux qui aiment flâner en librairie… et croire encore à leur magie.

Il me tente beaucoup