Bande dessinée

Hagard, enquêteur de l’histoire – 1. Le mystère des coupeurs de têtes

Hagard, enquêteur de l’histoire
1. Le Mystère des coupeurs de têtes

Idée originale : Gilles Prilaux
Scénariste : Mathieu Lavallée
Illustrateur : Greg Blondin
Couleur : Manon

Les éditions de la Gouttière, 2022

résumé Capable de voyager dans le temps lorsqu’il s’endort, le jeune Hagard profite d’une visite scolaire au centre archéologique de Ribemont-sur-Ancre pour traverser plus de six cents ans d’histoire…

cequejenaipensé Difficile de ne pas se laisser happer par l’étrangeté douce qui entoure Hagard. Ce garçon un peu à côté du réel, qui bascule dans le passé dès qu’il ferme les yeux, devient un guide inattendu mais terriblement attachant. On pourrait croire à un simple ressort fantastique, mais ce glissement entre les époques a quelque chose de presque naturel, comme si rêver était finalement la meilleure façon de comprendre l’histoire.

La visite du site de Ribemont-sur-Ancre sert ici de point d’ancrage, mais très vite, le cadre scolaire s’efface au profit d’un voyage plus vivant. Les siècles défilent sans lourdeur : des premiers habitants gaulois aux transformations gallo-romaines, puis à une société plus structurée encore, tout s’incarne à travers des scènes du quotidien. Ce qui marque, c’est cette manière de rendre tangible ce qui pourrait rester abstrait : les lieux changent, les usages évoluent, et pourtant, les visages – ou du moins leurs échos – demeurent. Les camarades d’Hagard se transforment au fil du temps, comme si l’histoire recyclait les êtres sous d’autres formes.

Le ton reste léger, souvent drôle, porté par les maladresses du héros et les situations décalées dans lesquelles il se retrouve. Mais derrière cette simplicité se cache une vraie intention de transmission. Les informations s’insèrent sans casser le rythme, et les pages explicatives viennent prolonger la curiosité plutôt que l’alourdir. On sent une volonté de donner des repères sans jamais donner l’impression de faire la leçon.

Visuellement, l’ensemble joue la carte de l’efficacité : des traits clairs, des personnages expressifs, une lisibilité immédiate. Cela participe à cette sensation d’accessibilité, presque rassurante, qui permet de se concentrer sur l’essentiel : comprendre, imaginer, relier.

Au fond, cette chronique du passé n’a rien de figé. Elle bouge, respire, et invite à regarder l’histoire non pas comme une suite de dates, mais comme une succession de vies. Et c’est peut-être là que réside sa plus belle réussite : donner envie d’apprendre sans jamais en avoir l’air.

 

 

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