Bande dessinée

Hagard, enquêteur de l’histoire – 2. Panique au Paléolithique

Hagard, enquêteur de l’histoire
2. Panique au Paléolithique

Idée originale : Gilles Prilaux
Scénariste : Mathieu Lavallée
Illustrateur : Greg Blondin
Couleur : Manon

Les éditions de la Gouttière, 2022

résumé La Somme est une terre chargée d’Histoire qui n’a pas fini de surprendre Hagard !
Ce deuxième tome vous transportera dans trois voyages temporels pour vous faire découvrir et aimer cette fascinante période qu’est la Préhistoire : à Abbeville, en compagnie de Jacques Boucher-de-Perthes, célèbre préhistorien samarien du 19e siècle ; à Caours, sur les traces de l’Homme de Néandertal et de son mode de vie ; et à Renancourt, près d’Amiens, à la rencontre d’artistes de la fin de la Préhistoire.

cequejenaipensé Remonter le fil du temps jusqu’aux origines de l’humanité pourrait sembler vertigineux, mais avec Hagard, l’expérience devient presque familière. Toujours guidé par ses endormissements imprévus, le jeune rêveur nous entraîne cette fois bien plus loin que les siècles précédents : direction la Préhistoire, avec tout ce qu’elle a de mystérieux, de brut… et d’étonnamment vivant.

Ce deuxième tome élargit encore le terrain de jeu. Entre Abbeville et les débuts de la recherche préhistorique, les campements néandertaliens de Caours et les artistes de Renancourt, le récit tisse trois escapades distinctes, chacune avec sa propre ambiance. Ce qui frappe, c’est la manière dont ces périodes prennent corps : loin d’un simple décor figé, on découvre des humains en action, avec leurs habitudes, leurs contraintes, leurs trouvailles. Hagard ne se contente pas d’observer, il s’immerge – parfois à ses dépens – dans des modes de vie qui le dépassent complètement.

L’album joue aussi avec une autre idée intéressante : celle de la naissance de la science elle-même. À travers certaines rencontres, on entrevoit les débuts de l’archéologie, ses tâtonnements, ses débats, et même ses erreurs. Cela apporte une dimension supplémentaire, presque inattendue, qui montre que comprendre le passé est aussi une aventure humaine.

Le ton reste fidèle à l’esprit de la série : accessible, rythmé, ponctué d’humour, avec ce petit décalage propre à Hagard qui évite toute lourdeur. Les passages explicatifs viennent compléter l’ensemble sans casser la narration, comme des pauses bienvenues pour mieux saisir ce que l’on vient de traverser.

Visuellement, l’identité graphique conserve son efficacité : des personnages expressifs, des scènes lisibles, une énergie constante dans le découpage. Tout concourt à rendre ces époques lointaines étonnamment proches.

Au final, ce second tome réussit un pari délicat : rendre la Préhistoire concrète, presque intime, tout en éveillant la curiosité. Une manière maligne de rappeler que même les temps les plus reculés racontent déjà des histoires profondément humaines.

 

 

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