Dans un petit village paisible de l’Aveyron, la famille Derain pensait avoir trouvé le havre de paix parfait après ses épreuves parisiennes. Une grande demeure, un jardin, une nouvelle vie… Mais un matin ordinaire vire au cauchemar : un homme armé les attaque au gros calibre. Le compte à rebours est lancé : 14 minutes et 2 secondes pour survivre.Entre un passé qui ressurgit, des secrets enfouis et leur peur brute, Ariane, Rodolphe et leurs enfants devront repousser leurs limites.
Quelles sont les motivations de l’assaillant ?
Qui a réellement le doigt sur la gâchette ?
Avec Anouk Shutterberg, attendez-vous à ce que le danger rôde derrière chaque porte, et surtout préparez-vous à un twist final à double détente.
Je me suis encore fait avoir.
Pourtant, j’aurais dû m’en douter.
Après Bestial, In extremis et La Nuit des fous, je connais désormais Anouk Shutterberg. Enfin… c’est ce que je croyais. Je sais qu’elle adore semer de fausses pistes, jouer avec mes certitudes et manipuler son lecteur jusqu’à la dernière page. À chaque nouveau roman, je me promets de rester sur mes gardes. À chaque nouveau roman, je me fais piéger avec le même plaisir.
Avec 14 minutes 2 secondes, l’autrice ne perd pas une seconde pour installer son piège. Une famille quitte Paris pour recommencer sa vie dans un paisible village de l’Aveyron. Une maison pleine de promesses, un jardin, une nouvelle existence plus sereine… Jusqu’au moment où un homme armé fait irruption et transforme cette parenthèse de bonheur en cauchemar. La police mettra quatorze minutes et deux secondes à intervenir. Quatorze minutes et deux secondes qui paraissent une éternité.
J’ai été happée par cette mécanique implacable. Le compte à rebours imprime un rythme infernal au récit et les chapitres très courts rendent la lecture incroyablement addictive. Impossible de poser le livre. On tourne les pages presque malgré soi, avec cette irrésistible envie de comprendre ce qui se cache derrière cette attaque aussi brutale qu’inexplicable.
Mais réduire ce roman à un simple huis clos sous tension serait passer à côté de ce qui fait tout le talent d’Anouk Shutterberg. Derrière l’action se cache une véritable exploration des failles humaines. Les secrets remontent peu à peu à la surface, les blessures anciennes resurgissent et les apparences se fissurent. Les personnages gagnent en profondeur au fil des révélations et l’on comprend rapidement que personne n’est aussi transparent qu’il le prétend.
Et moi, pendant ce temps-là ? J’ai enquêté. J’ai élaboré des hypothèses. J’ai changé d’avis toutes les cinquante pages (ou même peut-être toutes les 10 pages!!). J’étais persuadée d’avoir enfin compris… avant que l’autrice ne démonte méthodiquement chacune de mes théories. Une fois encore, elle m’a menée exactement là où elle le souhaitait.
Puis arrive cette fin.
Impossible d’en dire quoi que ce soit sans gâcher votre lecture. Je dirai simplement qu’Anouk Shutterberg n’avait pas encore terminé de jouer avec moi. Même lorsque je pensais enfin reprendre l’avantage, elle gardait un dernier tour dans sa manche.
Refermer ce roman m’a laissé exactement la même sensation que ses précédents thrillers : celle d’avoir été manipulée du début à la fin… et d’en redemander immédiatement.
Anouk Shutterberg confirme, à mes yeux, qu’elle possède un véritable talent pour construire des thrillers psychologiques où la tension, les émotions et les faux-semblants s’entremêlent avec une précision redoutable. Avec quatre romans lus, quatre coups de cœur, je crois qu’il est temps d’arrêter de lutter : je suis officiellement devenue une lectrice totalement vulnérable face à ses intrigues.
Et vous savez quoi ? J’espère sincèrement me faire avoir encore longtemps.

