Roman "jeunes adultes"/SF / Fantastique

La Femme effacée de Sidonie Bonnec

La Femme effacée


Autrice : Sidonie Bonnec
Lu par Rachel Arditi

8h11
Audiolib, 2026
Albin Michel, 2026

résumé Candice suffoque dans un Paris submergé par une pluie incessante qui l’oblige à rester enfermée chez elle. Sa fille de cinq ans se réveille chaque nuit en hurlant. Un cri rauque et douloureux dont aucun médecin ne parvient à expliquer la raison. Et puis, cette sensation d’être épiée dans ses moindres gestes…

Quand elle découvre une étrange inscription gravée sur le mur de sa cave, elle y voit l’empreinte d’un lointain passé qui n’a pas tout dit. En cherchant à percer son origine, Candice bascule dans une histoire terrifiante : celle d’une femme qu’on a voulu effacer.

 

La pluie tombe. Encore. Et encore. Paris suffoque sous une météo devenue presque irréelle, les rues se transforment peu à peu, les infiltrations gagnent les bâtiments… et Candice, elle aussi, commence à avoir la sensation de manquer d’air.

Sa fille Alma se réveille chaque nuit en hurlant. Des cris que personne ne parvient à expliquer. Candice dort mal, s’épuise, se sent observée. Puis une mystérieuse inscription apparaît dans la cave de son immeuble. Une inscription qui semble appartenir à un passé très ancien et qui va pousser la jeune femme à enquêter sur une histoire dont elle était loin d’imaginer l’existence.

Et à mesure que Candice cherche des réponses, les certitudes s’effritent. Une ambiance qui s’installe insidieusement

Ce qui m’a immédiatement plu dans La Femme effacée, c’est cette atmosphère de malaise qui s’installe sans jamais forcer le trait. La pluie incessante pourrait presque devenir un personnage à part entière. Elle accompagne Candice partout, accentue son enfermement, brouille les repères. Tout semble humide, sombre, oppressant. J’ai particulièrement aimé cette manière de laisser le doute s’installer petit à petit. Candice ressent quelque chose. Elle cherche à comprendre. Nous cherchons avec elle.

Mais peut-on vraiment faire confiance à ce que l’on perçoit ?

Plus l’histoire avance, plus les questions s’accumulent. Et surtout, plus cette impression désagréable d’être observée, suivie, manipulée devient présente. Rien n’est franchement spectaculaire, et c’est justement ce qui fonctionne si bien : l’angoisse naît dans les détails, dans les sensations…

L’autre aspect qui m’a passionnée, c’est toute la partie consacrée aux recherches de Candice. Une inscription dans une cave. Une piste inattendue. Des recherches généalogiques. Des femmes dont les histoires ont été oubliées. Puis les découvertes s’enchaînent et nous entraînent beaucoup plus loin que prévu.

Le thème des femmes effacées, oubliées ou réduites au silence revient régulièrement dans mes lectures depuis quelques années. Et je crois que je ne m’en lasse pas parce qu’il permet toujours de faire surgir des histoires incroyables : des destins que l’Histoire a laissés dans l’ombre, des femmes dont il ne reste parfois presque rien, si ce n’est une trace, un nom, une légende ou quelques documents.

La Femme effacée s’inscrit parfaitement dans cette fascination que j’ai pour ces destins féminins invisibilisés. Sidonie Bonnec y mêle histoire, mystère et recherches personnelles pour construire quelque chose de fascinant… mais aussi profondément oppressant et bouleversant.

J’ai aimé découvrir progressivement ce qui se cachait derrière ce titre énigmatique et comprendre comment les différents éléments du passé allaient finir par faire écho au présent. Et puis, comme souvent avec ce type d’histoire, une question finit par s’imposer : combien de femmes ont réellement disparu de notre mémoire collective simplement parce que personne n’a voulu raconter leur histoire ?

Je ne peux pas parler de ma lecture sans parler de l’audio. Parce que La Femme effacée est typiquement le genre de roman qui gagne encore en intensité lorsqu’on l’écoute. Rachel Arditi accompagne parfaitement cette atmosphère de tension et de doute. Sa voix nous entraîne aux côtés de Candice et contribue beaucoup à cette sensation d’enfermement qui traverse le récit. J’ai aimé me laisser porter par sa narration sans savoir exactement où l’histoire allait m’emmener.

Et puis il faut reconnaître que l’audio se prête particulièrement bien à ce roman : quand on écoute une histoire dans sa voiture, en faisant une promenade ou simplement installée tranquillement chez soi, les voix et les silences peuvent parfois créer une proximité avec le personnage que la lecture papier ne produit pas de la même manière. Ici, j’ai vraiment eu cette impression d’être enfermée avec Candice dans cette atmosphère étrange, à attendre la prochaine révélation. Et quand le doute s’installe dans un roman… dans nos oreilles, il peut devenir particulièrement efficace !

Je me suis posé énormément de questions pendant cette écoute. J’ai élaboré des hypothèses, essayé de relier les indices, cherché à comprendre ce qui se jouait réellement derrière les cauchemars d’Alma, l’inscription, les recherches de Candice et cette présence qui semble planer autour d’elle. Et j’aime énormément quand un roman me fait vivre ça.

Quand je commence à échafauder mes propres scénarios et que l’histoire parvient finalement à me surprendre, je suis conquise. La Femme effacée a réussi à maintenir cette tension jusqu’au bout, tout en faisant progressivement émerger les différentes pièces du puzzle.

J’ai donc terminé cette écoute avec cette sensation particulièrement agréable d’avoir été embarquée dans une histoire que je n’avais pas complètement vue venir.

Une histoire de femmes qu’on a voulu faire disparaître, de traces qu’on croyait perdues et de secrets qui, malgré les siècles, finissent toujours par refaire surface. Une très belle découverte audio !

 

Merci à  Audiolib et à Netgalley pour cette audiolecture.

 

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