Roman policier

Terminus Elicius de Karine Giebel

couv21995780Terminus Elicius
suivi d’Aurore

Auteure : Karine Giebel

330 p.

Belfond, 2016

résuméIstres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence: un regard, enfin, du capitaine Esposito? La résolution, peut-être, de cette ffaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne? « Vous êtes si belle, Jeanne Si touchante et si belle. » Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…

çacommencepar Le glissement se fit plus léger et Jeanne ferma son livre. Le train ralentissait, la gare approchait. Mettre le roman dans le sac à main, enfiler son blouson. Est-ce que j’ai bien fermé mon sac? Oui, il est bien fermé.

cequejenaipensé En cette fin d’année, les éditions Belfond réédite le premier roman de Karine Giebel Terminus Elicius (paru chez Rail noir en 2004, chez Pocket en 2011), accompagné d’une nouvelle inédite Aurore pour combler les fans. En ce qui me concerne j’ai découvert les écrits de cette auteure talentueuse que très récemment avec De force que j’avais beaucoup apprécié. Et je continue donc ma découverte avec ce premier roman remis à l’honneur. Et j’ai été happée par cette lecture. En à peine 2h, le roman et sa nouvelle inédite étaient lus. Je suis définitivement sous le charme de la plume de Karine Giebel : une plume addictive, saisissante, qui met à jour les noirceurs et les dualités de notre âme. Mon challenge pour 2017 sera donc de continuer mes lectures avec notamment les best-sellers Meurtres pour rédemption et Les Morsures de l’ombre. Si une LC vous tente, n’hésitez pas!
Mais revenons à l’essentiel. Qu’en est-il de ce premier roman. Jeanne, un des personnages principaux, est une jeune femme étrange. Maniaque, minutieuse, rêveuse, névrosée,  elle semble répéter les mêmes gestes, les mêmes rituels quotidiennement. Boulot, train, maison. Un cercle répétitif, ennuyeux, anesthésiant. Assez vite, on se rend compte que ces gestes répétés reflètent un état psychologique douloureux et fragile. Et l’on est d’autant plus surpris de découvrir qu’elle travaille au sein de la police. Pas sur le terrain dans un bureau. Dans son boulot, elle est à part : isolée, moquée, essayant de se faire le plus discrète possible. Et chaque soir elle rentre par le même train Marseilles-Istres, s’assoit sur le même fauteuil. Son seul petit rayon de soleil est quand le capitaine Esposito vient faire sa tournée de bonjour matinale. Bref, une vie terne, triste. Une vie qui va trouver une nouvelle dynamique quand un nouvel élément va s’immiscer dans ce quotidien. Un soir, dans le train de 17h36, à sa place habituel elle trouve une lettre. Une lettre à son nom. Une lettre d’un certain Elicius. Il s’adresse à elle pour lui dire à quel point il l’admire, pour lui dire ses sentiments… au fur et à mesure des ces différentes lettres, il va se dévoiler à elle. Jeanne va devenir involontairement sa confidente. Sa solitude, ses faiblesses psychologiques vont la poussée à l’écouter, à éprouver des sentiments pour lui, à le protéger même quand il lui révélera le pire sur lui. Il est en réalité le meurtrier en série qui fait trembler actuellement Marseille et qui est recherché activement par le capitaine Esposito. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour lui? Lui qui l’a remarqué. Lui qui l’aime. Lui qui s’inquiète pour elle. Comme jamais personne avant lui.
Dans ce roman, Karine Giebel a beaucoup travaillé le côté psychologique de ses personnages. Que ce soit le capitaine, Jeanne ou Elicius, ils sont tous les trois charismatiques, avec leurs blessures enfouies, des émotions qui peuvent faire écho à celles du lecteur. Personnellement, je me suis reconnue un peu dans chacun des personnages et c’est peut-être aussi pour ça que j’ai été entraînée dans le récit, que j’ai eu du mal à me détacher d’eux. Je voulais savoir jusqu’où irait Jeanne. Jusqu’où son combat intérieur entre le bien et le mal la pousserait. Une dualité de sentiments bien mis en avant par l’auteur. La tension monte de bout en bout jusqu’à un final dans la logique de l’intrigue, qui nous dévoile la colère d’Elicius, la raison de sa vengeance et on ne peut qu’avoir de l’empathie pour lui…
Dans cette nouvelle édition, les éditions Belfond et Karine Gieble propose une courte nouvelle en lien avec ce roman. En lien d’un côté par le thème (que je ne peux révéler ici sans dévoiler le final du roman) mais également par les personnages. En effet, dans Aurore, son frère Alban prend un certain train tous les soirs, à 17h36, et a remarqué une jeune femme nerveuse, maniaque, qui chaque soir sourit en lisant des lettres…

en bref Un premier roman efficace, addictif, qui ne peut que me donner envie de continuer à explorer le monde littéraire de Karine Giebel.
Si ce roman vous intéresse vous pouvez l’acheter directement sur le site de l’éditeur, par ICI !

6 réflexions sur “Terminus Elicius de Karine Giebel

  1. Meurtres pour rédemption ❤ puissance 1000 ! Purgatoire des innocents est fou aussi.
    Du coup, la nouvelle inédite m'intrigue vachement mais bon, c'est ce que je disais, racheter un grand format juste pour ça…

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