Roman policier

La Rage de Zygmunt Miloszewski

La Rage

titre original : Gniew

Auteur : Zygmunt Miloszewski

trad. du polonais par Kamil Barbarski

567 p.

Pocket, 2017 (17063)

résumé Un cadavre brûlé par des armes chimiques est retrouvé sur un chantier polonais. Les résultats de l’autopsie sont stupéfiants : certains membres prélevés sur place n’appartiennent pas au corps de la victime. Absorbé par cette étrange affaire, le procureur Teodore Szacki néglige une plainte pour violences conjugales. Il en prend conscience trop tard : la plaignante a été grièvement blessée. Son mari est découvert quelques jours après, vivant, mais la langue et les cordes vocales sectionnées… Mis en cause par sa hiérarchie, le magistrat voit sa carrière menacée, lorsque sa propre fille est enlevée à son tour. Il sent alors monter en lui la rage.
  Imaginez un enfant contraint de se cacher de ceux qu’il aime. Il s’occupe comme les autres enfants. Il construit des tours avec des cubes, provoque des collisions de petites voitures, orchestre des conversations entre ses ours en peluche et dessine des maisons sous un soleil souriant.
cequejenaipensé Après avoir découvert la plume de Zygmunt Miloszewski avec son dernier roman Inavouable il y a quelques semaines, me revoici aujourd’hui pour vous parler du dernier roman de sa trilogie qui a pour héros Teodore Szacki. Oui je sais je lis sa bibliographie dans le désordre mais qu’importe! Je me suis régalée avec cette seconde lecture qui est radicalement différente d’Inavouable mais tout aussi prenante.
Teodore Szacki est procureur dans le Nord-Est de la Pologne depuis peu. Il a un peu de mal à se faire aux coutumes et à l’engouement des locaux. Il est assez taciturne, mélancolique, on ressent un certain mal-être dans ce personnage. Alors qu’une enquête qui semble enfin intéressante lui est soumise (un squelette est retrouvé et il semble que tous les os n’appartiennent pas à la même personne!), il ne va pas prendre en compte l’appel à l’aide d’une femme victime de maltraitance. Alors qu’il veut réparer son erreur, il arrive trop tard. Puis le mari de cette dernière sera retrouvé quelques jours plus tard mutilé. Une plainte est déposé contre le procureur. Ce dernier est absorbé par l’enquête du squelette qui semble encore plus complexe et sombre que dans un premier temps. Les choses se compliquent encore plus quand sa propre fille est enlevée. La rage enfle alors en lui. Sans rien dire à personne, une course contre la montre s’enclenche. Il va alors enquêter à sa façon, par tous les moyens qui lui sont disponibles.
On est dans le flou une bonne partie du roman. L’horreur s’insinue dans le quotidien monotone du procureur. On se rend compte très vite qu’il est dans une position plus que difficile. Coincé dans un quotidien qui lui convient moyennement, dans un métier où il ne s’épanouit plus, dans une enquête sordide. Et quand il refuse d’écouter cette femme, il se rend compte qu’il fait appel à la mécanique de son métier, et qu’il en oublie d’être humain, d’écouter son instinct. Ce roman est un plaidoyer pour l’aide aux victimes de violence. Chiffres, statistiques mis en avant. Appel à la population à être à l’écoute, à l’observation. Le lecteur est baigné dans l’ambiance sombre et inqualifiable de l’enquête. La plume de l’auteur est fluide, et on tourne les pages sans s’en rendre vraiment compte. On avance dans le récit. Les éléments se mettent en place. Un début d’explication se dessine mais la fin est surprenante et inattendue. Le récit est pour le moins déstabilisant et effrayant. Le « méchant » de ce roman noir est un pur sadique et à une imagination débordante en ce qui concerne les tortures (argh quand je repense à la douleur qu’a dû enduré ce personnage… j’en ai des frissons dans le dos!).
Teodore a été pour moi une belle rencontre : c’est un personnage entier. On ressent ses joies et ses peines, ses souffrances, ses tiraillements. Il sait reconnaître ses erreurs. C’est un personnage mélancolique et ombrageux mais attachant malgré tout car on ressent ce qui le fait avancer. Et tout ce que l’on ressent, on le doit à la plume très visuelle de l’auteur. J’avais vraiment l’impression par moment de voir des scènes se déroulaient sous mes yeux. L’intrigue est en renforcée. Et le rythme dynamique : les 500 pages se lisent très rapidement car un fil nous tire vers cette fin. Il faut dire que les premières pages du récit donnent un avant goût du final et qu’il nous tarde de comprendre comment le personnage principal en est arrivé là.
en bref Un personnage principal emblématique, une intrigue qui fait froid dans le dos. Une aventure efficace et glaçante!

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