Roman

My absolute darling de Gabriel Tallent

My absolute darling

Auteur : Gabriel Tallent

lu par Marie Bouvet

464 p. / 12h52

Editions Gallmeister, 2018

Audiolib, 2018

résuméA quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

extrait, lu par Marie Bouvet

cequejenaipensé Il est très difficile de parler de ce livre. Il est déstabilisant, prenant, exceptionnel.
Gabriel Tallent porte bien son nom! Sa plume est travaillée, précise, riche d’émotion, de sens. Ses mots sont bouleversants, parfois, souvent cruels, dérangeants. On a la gorge serrée plus d’une fois. L’émotion est palpable.
Je me suis embarquée dans ce récit sans retour, sans échappatoire possible. Je ne pouvais pas quitter l’héroïne. C’était impossible pour moi. Cette héroïne unique, singulière. A seulement 14 ans et si emblématique.
J’ai écouté ce roman et je me suis retrouvée comme en apnée plus d’une fois. J’ai commenté. Soupiré. Crié. Pleuré. J’ai été choquée, attendrie, compréhensive, révulsée. J’ai espéré, j’ai douté.
Le lecteur est chahuté pendant cette lecture. Il n’en ressort pas indemne. en tout cas ce fut mon cas. La bouche sèche. Comme anesthésiée. Et je sais qu’il fera désormais partie des romans qu’on n’oublie pas, parce qu’on ne peut pas. C’est impossible.
Oui, j’ai pris une claque en lisant ce livre. Et je peux comprendre pourquoi certains n’ont pas pu. Pourquoi ils ont du refermer. En ce qui me concerne j’avais ce besoin de savoir, d’espérer un happy-end ou du moins quelque chose d’approchant.
Julia, alias Turtle, vit avec son père. Un père dur, avec des méthodes d’éducation très atypiques. Il l’aime… un peu trop. Il l’étouffe. Il est abusif. Violent. Parfois doux. Turtle l’aime autant qu’elle le hait. De l’extérieur, il faut du temps pour appréhender leur relation, appréhender le personnage du père. Il peut avoir des réactions complètement folles, être totalement intransigeants mais aussi avoir des réflexions justes, censées. Il peut être un père attentionné et en un quart de secondes devenir un homme complètement fourbe, torturé. Cette homme est détestable mais le personnage en lui-même est assez fascinant, dans son ambiguïté, dans sa psychologie travaillée par l’auteur dans les moindres détails.
Il ne veut pas me faire de mal. Il m’aime plus que la vie elle-même. Il n’est pas toujours parfait. Parfois, il n’est pas vraiment l’homme qu’il voudrait être. Mais il m’aime comme personne n’a jamais été aimé. Je pense que ça compte plus que tout.
Julia quant à elle est une adolescente à part. Haineuse, misogyne, violente, sauvage solitaire, isolée de par son éducation et de sa relation avec son père, elle a des connaissances pour tout ce qui concerne la nature, les armes. Elle sait se débrouiller en pleine forêt mais elle est quasi illettrée. Sa rencontre avec Jacob, un lycéen, va provoquer beaucoup de chose en elle, dans sa vie, dans sa façon de vivre. Turtle m’a séduite. Je n’ai pu que m’attacher à elle. J’avais une boule dans la gorge.
Elle se sent éventrée, vidée, rien en elle, rien à dire, elle n’arrive pas à penser, ne ressent rien. S’il y a du chagrin quelque part en elle, elle ne le sent pas. Elle a l’impression qu’on lui a arraché quelque chose dans les tripes, les racines et tout le reste, un grand aulne, et à la place ne demeure plus qu’un vide écœurant, mais c’est tout ce qu’elle éprouve, pas de chagrin, rien. Elle serait capable d’infliger de terribles dégâts, si elle le souhaitait. Elle pourrait faire n’importe quoi, il n’y aurait aucune limite à la peine qu’elle pourrait causer, sauf qu’en cet instant, elle souhaite simplement fermer les yeux, faire tourner son esprit autour de ce vide comme on fait tourner sa langue autour du trou laissé par une dent arrachée. Si elle en était capable, elle ferait cesser ce bruit constant dans ses oreilles, terrible et aigu.
Les personnages sont la force incontestable de ce roman unique. Gabriel Tallent signe ici son premier roman. Il est vraiment exceptionnel et intelligent tant dans sa narration que dans la psychologie de ses protagonistes. Il nous offre un récit fort, déroutant. Il met le lecteur dans une situation inconfortable. On est sans cesse dans une ambiance instable, comme si la moindre poussière pouvait tout faire dérailler. Un équilibre précaire, fragile, pesant.
C’est ça, le courage. Prendre ta putain de vie en main, quand ça semble la chose la plus difficile à faire.
Dans cette version Audiolib, la voix de Marie Bouvet ajoute à l’envoûtement de ce récit souvent inconfortable. Elle campe avec justesse chacun des personnages sans surjoués. Elle livre ce texte difficile en ajoutant une part d’authenticité aux émotions.
en brefUne lecture intense, à part. Qui restera en mémoire… longtemps. Impossible d’oublier Turtle. Impossible d’oublier ce roman déstabilisant. A découvrir le plus vite possible !!

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