Prix Audiolib/Roman historique

Un gentleman à Moscou d’Amor Towles

Un gentleman à Moscou

titre original : A gentleman in Moscow

Auteur : Amor Towles

trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Nathalie Cunnington

lu par Thibault de Montalembert

576p. / 16h58

Fayard, 2018

Audiolib, 2019

résumé Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchevique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque ­–, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol. Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique.

extrait, lu par Thibault de Montalembert

cequejenaipensé Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre quand j’ai commencé cette écoute, faite dans le cadre du Prix Audiolib 2019. Je ne suis pas sûre que je serais allée de moi-même ouvrir ce roman et je serais passée à côté… Cela aurait été dommage car j’ai apprécié ce voyage en Russie.
Je ne suis pas une férue d’histoire russe, mais j’ai quelques petites notions qui m’ont permis (et suffit pour) de me situer dans le récit.
Me voici donc au début des années 1920, à Moscou. Le Comte Alexandre Illitch Rostov, le héros de cette saga historique, se retrouve jugé et condamné par un tribunal bolchevique : le voici assigné à résidence dans un somptueux hôtel (où il devra emménager dans une chambre sous les combles tout de même). Il ne vit pas cette condamnation comme un drame, bien au contraire. Il prend ses quartiers dans cet hôtel, erre dans les couloirs, observe, conseille le personne (jusqu’à en faire partie, continue de vivre une vie aussi confortable que possible. Mais le Comte est un gentleman, il sait user de son savoir-vivre, de ses charmes pour obtenir la confiance et les confidences de nombreuses personnes passant par là.
Durant plusieurs décennies (que retracent cette histoire), nous suivrons l’Histoire du pays à travers la petite histoire du comte, au gré de ses nombreuses rencontres, une actrice à succès, un diplomate… mais surtout la rencontre d’une petite file, Nina qui changera le cours de sa vie rythmée dans cette prison luxueuse.
Reconnaissant qu’un homme devait maîtriser le cours de sa vie s’il ne voulait pas en devenir le jouet, le comte songea qu’il serait avisé de réfléchir à la manière d’atteindre ce but quand on a été condamné à passer sa vie, enfermé.
On vit ce roman au fil de la vie de ce personnage élégant et raffiné. On apprend à le connaître et son charme agit aussi bien sur les personnes qu’il côtoie que sur son lecteur. On évolue dans un huis clos, au cœur de l’intimité d’Alexei. Les personnages secondaires ajouteront de la fantaisie et de l’action dans la vie qui aurait pu être monotone de ce Comte russe.  Et heureusement, parce que sur le papier, suivre pendant plus de 30 ans la vie d’un personnage enfermé dans un hôtel… ça peut paraître soporifique! Mais ce n’est heureusement pas le cas! L’auteur, Amor Towles, va réussir à donner une énergie à son récit, en mêlant le quotidien de son personnage parsemé d’anecdotes du quotidien souvent cocasses (je pense par exemple au jeu que le Comte et la jeune Sofia affectionnent) avec des faits historiques amenés par les multiples rencontres du Comte ou par la presse. Ainsi, sans être trop didactique, on voit défiler les changements importants de l’Histoire russe.
Comme il vivait au Métropole depuis quatre ans, le comte se considérait comme un expert de l’hôtel. Il appelait les membres du personnel par leurs prénoms, savait quels services on pouvait y obtenir, connaissait par cœur les styles des différentes suites
Comme je vous le disais plus tôt, j’ai été charmé par Alexei. En entrant dans son intimité, on apprécie sa façon d’être, ses connaissances, sa bienveillance, son élégance et sa grande culture. J’ai apprécié aussi le regard qu’il porte sur la politique de son pays et sur son évolution, un regard critique et pertinent.
Mais une fois pris en main par Nina, il se rendit compte qu’il restait en réalité un novice.
De plus, il disposait du garde-manger le plus réputé à l’est de Vienne. Sur ses étagères à épices s’alignait un échantillon des saveurs du monde et dans sa glacière un catalogue exhaustif de bêtes à plume et à poil suspendues par les pattes à des crochets. On serait alors tenté tout naturellement de conclure un peu vite que 1912 était l’année idéale pour mesurer les talents du chef. Si ce n’est qu’en période d’abondance n’importe quel idiot équipé d’une cuillère est capable de satisfaire les palais. Pour véritablement tester l’ingéniosité d’un chef, il faut s’intéresser aux périodes de restrictions.
J’ai passé de longues et délicieuses heures aux côtés de ces personnages savoureux (17h d’écoute tout de même) et la narration de Thibault de Montalembert est toujours aussi agréable (je pense qu’il est la voix qui me fait voyager le plus au cœur du récit chez Audiolib). Un timbre de voix posé, calme, mélodieux. Quand il est derrière le micro, j’ai l’impression qu’il me raconte une histoire et pas qu’il lit le texte d’autrui. Il sait donc s’approprier les mots et les retransmettre avec les émotions justes à l’écoutant. Je vous invite à écouter l’extrait proposé plus haut pour tomber vous aussi sous le charme de sa voix !
en bref Un Comte élégant, charmant, éduqué! Un véritable gentleman!

 

5 réflexions sur “Un gentleman à Moscou d’Amor Towles

  1. Pingback: Un gentleman à Moscou : Amor Towles (Lu par Thibault de Montalembert) – Enna lit, Enna Vit!

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