Prix Audiolib/Roman historique

La Toile du monde d’Antonin Varenne

La Toile du monde

Auteur : Antonin Varenne

lu par Julien Defaye

352 p. / 9h47

Editions Albin Michel, 2018

Audiolib, 2019

résumé 1900, Exposition Universelle de Paris. Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste, célibataire, est venue couvrir l’événement pour le New York Tribune. Née d’un baroudeur anglais et d’une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des plaines du Nevada, Aileen est une femme affranchie de tout lien et de toute morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d’un récit qui nous immerge au coeur de la ville en chantier, du métropolitain naissant aux quartiers des bordels chers aux peintres, la personnalité singulière d’Aileen se confond avec la ville lumière. Un portrait en miroir qui dessine la toile du monde, de l’Europe à l’Amérique, du XIXe et au XXe siècle, du passé d’Aileen à un destin qu’elle n’imagine pas.
cequejenaipensé Je découvre avec ce titre l’univers et la plume d’Antonin Varenne. Et j’ai été emporté par l’histoire de cette femme de caractère Aileen Bowman, une jeune américaine, journaliste, qui se fait envoyé en reportage à Paris, au cœur de la Grande Exposition universelle. Aileen est une femme éprise de liberté et de vérité. Elevée au coeur du Nevada, elle est « en décalage » avec les mœurs parisiennes de l’époque. Mais qu’à celà ne tienne, elle va bousculer tout ce petit monde !
A travers son regard et son énergie, l’auteur nous décrit la capitale en chantier, en révolution que ce soit dans le milieu de l’art, de l’architecture, de la politique et de la société. De nombreux thèmes sont évoqués dans cette fresque historique. Cela peut d’ailleurs paraître trop ambitieux mais Antonin Varenne arrive à peindre un véritable portrait de l’époque avec ses avancés et ses contradictions.
J’ai aimé découvrir la ville par les yeux d’Aileen qui a une personnalité bien singulière et qui nous permet justement d’aborder cette époque et ce lieu d’une façon originale. Elle va rencontre nombres de grands noms de cette époque, un moyen pour l’auteur d’ancrer son histoire dans l’Histoire. J’ai aimé ce personnage pour de nombreuses raisons. Sa liberté de ton et de mouvement, son regard et sa façon d’être provocatrice… mais aussi pour sa part d’ombre. Car ce voyage à Paris n’est pas vraiment innocent. Elle est à la recherche d’une partie de son passé, passé qui provoquera bien de remous dans notre intrigue…
J’ai aimé la plume travaillée, imagée, poétique et délicate de l’auteur. Elle m’a séduite et je n’ai pas vu le temps passé lors de mon écoute (qui dure 9h47 tout de même!). C’est bon signe! Et je dois dire que la voix choisie, celle de Julien Defaye, convient parfaitement. Une voix mélodieuse, posée qui apporte une douceur supplémentaire. Dans la piste consacrée à l’interview de l’auteur, Antonin Varenne explique pourquoi le choix d’un acteur plutôt que celui d’une actrice pour lire ce récit dont le protagoniste est pourtant une femme. J’ai aimé la justification de son choix qui me semble tout à fait logique (je vous laisse découvrir pourquoi 😉 ).
Le jour se lève sur les derniers préparatifs de la grande Exposition. Je les vois s’agiter à mes pieds et je ne me sens bien qu’au sommet de la tour, loin du sol et d’eux. Je regarde passer ma soeur la Seine et je suis frustrée de ne pouvoir filer comme elle loin d’ici. Je les vois venir de toutes les directions, avec leurs panaches noirs et leurs sifflets, les trains chargés de machines et de travailleurs qui convergent vers moi. Ils sont partis de Marseille; d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Hongrie et de Russie. Le temps est clair et je vois dans les ports de la Manche les paquebots que l’on décharge. Je suis des yeux les méandres argentés de ma soeur qui coule à l’Ouest à travers la Normandie verte. Elle me parle tout le temps de notre petite cousine, Honfleur, et de son estuaire où le sang lavé de l’Histoire se dilue dans l’argent de la mer.
Depuis que Gustave m’a offert cette vue sur moi-même, je suis devenue nostalgique. Je détourne les yeux, envahie par la tristesse de l’altitude : la solitude.
La Toile du monde est à la fois un roman historique, un roman de société, d’aventure et même on pourrait ajouter une pointe de thriller. Ce roman est une toile littéraire, où on retrouve de multiples portraits (de dimension différentes : temporel, sociétal, artistiques…) et donc un mélange de genres. Il arrive à lier l’ensemble avec beaucoup de talent. Ce mélange a été un vrai délice pour mon écoute!
en bref Portrait d’époque, féminisme, art, quête familiale… un roman riche et envoûtant.

 

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