Prix Audiolib/Roman

Martin Eden de Jack London

Martin Eden

Auteur : Jack London

trad. de l’américain par Francis Kerline

lu par Denis Podalydès

439 p. / 13h21

Editions Phébus, 2001

Audiolib, 2019
A savoir : l’écoute de ce CD est autorisée par l’éditeur

résumé Martin Eden, le plus autobiographique des romans de Jack London, est le récit d’un écrivain né dans les bas-fonds, homme de rien basculé dans la bourgeoisie qui croit tenir sa revanche sur la vie… C’est aussi la rencontre d’un homme et d’une femme ; l’occasion enfin de découvrir le vrai visage de Jack London, une personnalité rare à la source de notre modernité. Son œuvre, dont Martin Eden est le point d’orgue, a fasciné des millions de lecteurs.
extrait lu par Denis Podalidès
cequejenaipenséCela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de Jack London. Comme la majorité de lecteurs, j’ai été passionné par L’appel de la forêt et Croc Blanc, qui sont pour moi des incontournables. 
Il y a quelques mois, lors du mon club de lectures mensuel, une amie m’a fait découvrir que je ne connaissais pas du tout. Mais son avis enthousiaste m’avait donné envie d’y jeter un œil un jour. Et puis, cette sélection pour le prix Audiolib 2019 m’en a donné l’occasion plus vite que prévu et j’en suis ravie. 
Martin Eden est sans doute le roman plus autobiographique de l’auteur, nous dit-on sur la quatrième de couverture. J’avoue que je leur fais confiance sur ce point là car je ne sais rien de sa vie.
Ce roman raconte la vie de Martin, un homme venant du bas de l’échelle sociale, qui va rencontrer Ruth. Il en tombe éperdument amoureux et décide de tout faire pour la séduire. Mais Ruth est une fille de la haute bourgeoisie. Elle s’exprime avec un langage précieux, soutenu, quant lui s’exprime en argot et agrammaticalement. Elle est cultivée, quant lui ignore tout. Seul, avec une énorme détermination, il va plonger à cœur perdu dans les livres, apprendre la grammaire, la littérature, la culture. Et très vite, on ressent l’évolution de son phrasé, de sa façon d’être, à chaque rencontre avec Ruth. Peu à peu, il s’éloigne de sa condition sociale d’origine même s’il y vit encore. Sa personnalité change mais sa condition sociale non. Car étudier ne nourrit pas son homme au contraire. Martin, bien sûr de lui et de ses compétences, décide d’écrire. Il sait qu’il est fait pour ça. Il écrit de courtes nouvelles, des poésies, des textes brefs. Et les envoie sans peu de succès à de nombreux journaux. Il va se battre de longues années pour arriver au succès et à ravir le cœur de sa belle. Mais arrivera-t-il à obtenir les deux?
Sur les rayons des bibliothèques je vis un monde surgir de l’horizon.
Martin Eden est à la fois un personnage fascinant (par sa détermination et sa combativité), rebutant par moment (à cause de son ego surdimensionné), émouvant (par sa personnalité et son histoire). C’est un personnage riche. Un personnage inspiré en partie par la vie même de l’auteur.
Martin Eden est un livre puissant, un livre qui raconte l’envers du décors de la vie d’un écrivain. C’est aussi une ode à la littérature. Beaucoup de références notamment. C’est également un portrait de société, d’une époque.
L’écriture de Jack London est aussi hypnotique qu’à l’époque où j’ai pu lire L’Appel de la forêt ou Croc Blanc, même si ce sont deux genres radicalement différents. Il y a une sincérité dans sa plume, un reflet de la réalité psychologique de ses personnages.

– Vous n’aimez pas les magazines ? hasarda Martin.
– Vous oui ? rétorqua l’autre, soudain hostile.
– Je… j’écris ou, plutôt, j’essaie d’écrire pour les magazines.
– Je préfère ça, répondit Brissenden, radouci. Vous essayez d’écrire, mais vous n’avez pas de succès. Je respecte et admire vos échecs. Je sais ce que vous écrivez. Je le devine les yeux fermés. Il y a un ingrédient qui vous ferme la porte des magazines : la tripe. Les magazines ne savent que faire de cet organe. Ce qu’ils veulent, c’est du pipi de chat et ils en sont bien arrosés, mais pas par vous.
– Je ne crache pas sur la littérature alimentaire.
– Au contraire…
Brissenden embrassa d’un regard sans vergogne les signes apparents de la pauvreté de Martin, passant de sa cravate défraîchie et de son col râpé aux manches lustrées de son paletot d’où dépassaient des manchettes élimées, avant de s’attarder sur ses joues hâves.
– Au contraire, c’est la littérature alimentaire qui vous crache dessus et vous ne savez pas comment l’amadouer. Avouez, l’ami, vous vous sentiriez insulté si je vous invitais à manger un morceau, pas vrai ?

Audiolib nous offre une version audio portée par la voix emblématique de Denis Podalidès. Une lecture délicate, touchante, poignante. J’ai été embarqué par sa tonalité, sa musicalité. Une adaptation réussie!
en bref Un roman autobiographique prenant, marquant.

 

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