Roman

Manifesto de Léonor de Récondo

Manifesto

Auteur : Léonor de Récondo

Lu par Léonor de Récondo et Jacques Chaussepied

suivi d’un entretien avec l’autrice

3h14

Audiolib, 2019
Sabine Wespieser, 2019

 

 

résumé « Pour mourir libre, il faut vivre libre. » La vie et la mort s’entrelacent au coeur de ce « Manifesto » pour un père bientôt disparu. Proche de son dernier souffle, le corps de Félix repose sur son lit d’hôpital. A son chevet, sa fille Léonor se souvient de leur pas de deux artistique – les traits dessinés par Félix, peintre et sculpteur, venaient épouser les notes de la jeune apprentie violoniste, au milieu de l’atelier.
L’art, la beauté et la quête de lumière pour conjurer les fantômes d’une enfance tôt interrompue. Pendant cette longue veille, l’esprit de Félix s’est échappé vers l’Espagne de ses toutes premières années, avant la guerre civile, avant l’exil. Il y a rejoint l’ombre d’Ernest Hemingway. Aujourd’hui que la différence d’âge est abolie, les deux vieux se racontent les femmes, la guerre, I’oeuvre accomplie, leurs destinées devenues si parallèles par le malheur enduré et la mort omniprésente.
Les deux narrations, celle de Léonor et celle de Félix, transfigurent cette nuit de chagrin en un somptueux éloge de l’amour, de la joie partagée et de la force créatrice comme ultime refuge à la violence du monde. 

extrait lu par Léonor de Récondo et Jacques Chaussepied

 

cequejenaipenséDepuis ma rencontre avec Léonor de Récondo autour de son roman Rêves oubliés en 2012, je guette toujours une nouvelle sortie. Manifesto est un vibrant hommage à son père Félix et aux disparus de sa famille.
La dernière nuit, la dernière de ce père qu’elle aimait, qu’elle respectait. Cette nuit où elle attend le dernier souffle de cet homme, elle replonge dans ses souvenirs, sur sa vie, sur la vie de cet artiste qui a été marquée par la guerre espagnole et l’exil.
Les chapitres s’alternent entre la voix de Léonor qui attend, se souvient des moments de complicité et la voix de Félix qui revient dans des dialogues et échanges fictifs avec Ernest Hemingway.
Je savais à la mort de mon père, qu’un texte surviendrait, lui rendant hommage. Je savais aussi qu’il fallait que je parle de lui et des deuils qu’il avait traversés sans savoir comment faire. J’ai mis du temps à trouver la forme, je me suis fracassé de longs mois contre les murs de cette chambre d’hôpital à force d’essayer de commencer, et de ne pas y arriver. Et puis m’est apparue cette alternance, Ernest Hemingway, et cette conversation entre mon père et lui. Quand elle s’est imposée, elle m’a ouvert le champ du possible, parce que rentrait dans ce récit le romanesque, le souffle de la littérature.
Cette autobiographie, Léonor a eu du mal à trouver la forme qu’elle devait avoir. Elle savait qu’elle allait l’écrire, il le fallait. Elle qui a l’habitude de la fiction, elle livre ici une partie de son intimité pour rendre hommage à son père, à sa famille. A travers ses récits, et notamment dans Rêves oubliées, elle avait déjà évoqué l’exil des siens. Elle y revient aussi dans ce récit autobiographique touchant.
L’autrice nous livre un témoignage pudique, sincère où l’art est bien présent avec sa passion du violon, les sculptures de son père, le personnage fantomatique d’Ernest Hemingway.
Dans la version Audiolib, Léonor de Récondo donne de sa personne en lisant « ses » parties et Jacques Chaussepied, avec sa voix grave qui résonne incarne le père. J’ai souvent du mal quand l’auteur lit son propre texte car je trouve souvent la voix monotone et je préfère quand un acteur donne son énergie et incarne le texte. Après tout écrire est un métier, lire en est un autre et on ne sait pas forcément faire les deux. Mais ici, la voix de Léonor est parfaite, on entend la musicalité de ses mots (logique pour une musicienne de talent comme elle), elle transmet la fatigue, la douleur de l’attente pénible qu’elle (re)vit.  Quant à la voix de Jacques Chaussepied elle est grave, elle donne une résonance à la vie souvent endeuillée de l’homme.
Ma bouche contre ton oreille, je te dis des mots qui ne s’écrivent pas. Des mots qui exigent la voix. Des mots de toi à moi, les derniers prononcés qui traversent ta peau devenue froide, qui parcourent tes oreilles, ton cerveau, tes veines et tout ton squelette pour rejoindre ton souffle, si ténu soit-il. Des mots d’amour, de gratitude, alors que déjà se profile l’incertitude de ne pouvoir jamais vivre sans toi.
12992811_10209213650040435_505270499_n Un récit autobiographique dans lequel Léonor de Récondo livre tout son amour, sa reconnaissance envers son père.

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