Prix Audiolib/Roman

Dans la forêt de Jean Heagland

Dans la forêt

Titre original : Into the forest

Autrice : Jean Heagland

Traduit par Josette Chicheportiche

Lu par Maia Baran

10h02

Audiolib, 2020
Editions Gallmeister , 2017

 

 

résumé Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

 

cequejenaipenséUn roman marquant que voici.
Le monde tel qu’on le connaît n’est qu’un lointain souvenir. Il est comme au ralenti, différent. L’électricité ne fonctionne plus, il n’y a plus de vivres, ni d’essence. Tout ça on va le découvrir peu à peu à travers l’histoire de deux jeunes sœurs, Nell et Eva, 17 et 18 ans, qui vivent seules, au cœur de la forêt dans la maison de famille. Leur mère est décédée quelques mois avant le drame qui a chamboulé le monde entier. Avec leur père, elles ont continué à vivre, isolés de tous, au rythme de leurs stocks alimentaires et de ce que leur offrait la nature. Depuis la disparition du père, Nell et Eva sont livrées à elles-même. Le temps passe lentement, elles le partagent entre les tâches essentielles et leurs passions pour la danse et la lecture, toujours espérant le retour de l’électricité.
Pendant ce temps, je lisais- ou plutôt relisais- tous les romans qui se trouvaient dans la maison. J’étais depuis longtemps venue à bout de la dernière pile des livres de la bibliothèque, mes cassettes de langues se taisaient, l’ordinateur était une boîte couverte de poussière, les piles de ma calculatrice étaient mortes, aussi retournais-je aux romans pour me nourrir de pensées et d’émotions et de sensations, pour me donner une vie autre que celle en suspens qui était la mienne.
Cela faisait un moment que j’avais envie de lire ce roman et je suis loin d’être déçue.
J’ai eu l’impression d’être aux côtés des deux sœurs dans cette forêt. Je ressentais l’ambiance, les odeurs, les bruits. Jean Heagland, l’autrice, sait nous décrire les lieux, les impressions, les émotions comme si on y était, avec un réalisme troublant.
Je n’ai jamais vraiment su comment nous consommions. C’est comme si nous ne sommes tous qu’un ventre affamé, comme si l’être humain n’est qu’un paquet de besoins qui épuisent le monde. Pas étonnant qu’il y ait des guerres, que la terre et l’eau soient polluées. Pas étonnant que l’économie se soit effondrée.
Cette famille avait opté pour une vie loin du monde, en dehors d’un quotidien pressant. C’est cet isolement qui va aider nos deux jeunes protagonistes à survivre seule, mais même si elles étaient éloignées de tout, elles subissent aussi le manque de modernité et doivent apprendre à vivre en autonomie. Et même si elles vivent dans la forêt, elles ne connaissent pas ses secrets, ses cadeaux et ses dangers. Elles sont jeunes. Mais vont devoir réagir, et arrêter d’attendre, de vivre au jour le jour. Et il y aura un élément déclencheur (dramatique) qui va avoir l’effet d’un électrochoc pour nos héroïnes. On va alors voir l’évolution de leurs personnages, de leurs caractères. La situation va les dévoiler, l’autrice va les mettre à nues, approfondir les liens qui existent entre elles.
J’ai aimé la force qui se dégage de ce récit posé, au rythme d’une nature sauvage et salvatrice. Une nature, une forêt qui joue un rôle primordial, voire même qui est le personnage principal de cette intrigue.
C’est un récit fort, émouvant, dur, contemplatif, un récit de reconnexion à l’essentiel, de renaissance.
Le tout est ici porté par la voix de Maia Baran que j’avais pu découvrir avec Entre ciel et Lou de Lorraine Fouchet. Une voix qu’elle a voulu ici mettre en écho avec la tonalité du texte : calme, posée. Une voix partageant les émotions des sœurs. 
– Je ne peux pas me servir de mon ordinateur ou de mes cassettes de langues, les piles de ma calculatrice sont mortes. Il ne me reste même plus de papier.
– Lis, alors. Les livres n’ont pas besoin de piles.

Une réflexion sur “Dans la forêt de Jean Heagland

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