Roman "jeunes adultes"

Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied de Marine Veith

Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied

Autrice :  Marine Veith

191 p.

Sarbacane, 2020 (Exprim’)

résumé Bardu, c’est un peu le papi misanthrope qui commence à ressentir la solitude.
Un jour, il prend Julien en stop. Julien a 18 ans, il est orphelin et ne sait pas où aller. Bardu lui propose de l’accompagner sur le Meursault, un voilier sur lequel il
transporte du cannabis, « sans consommer, c’est dégueulasse ».
Mais pendant une escale, une clandestine à la chevelure aussi explosive que son prénom, Exaucée, va contrarier tous leurs plans.
Exaucée est congolaise, elle n’a que sa vie, qu’elle veut vivre en France : elle les oblige à quitter la Sicile sans payer leur bakchich aux mafias. Ils s’engagent alors
dans une course à la vie ponctuée de rencontres loufoques et inquiétantes…

çacommencepar Notre histoire a commencé au bord de la route. A la sortie de Marseille, échangeur ouest, sous la chaleur cassante, dans les odeurs de gaz d’échappement – et sur une furieuse envie de fuite. Mon sac sur le dos, en short, en sueur, je brandissais une pancarte sur laquelle j’avais écrit « Ailleurs ». Je trouvais ça romantique et, de toute façon, je n’avais pas d’autre idée.

 

cequejenaipensé C’est un boad-trip bien original que nous propose ici la jeune autrice Marine Veith! Elle a été journaliste à la Réunion, au Maroc ou en Afrique du Sud, ce qui l’a sensibilisée à la question de l’immigration. C’est ce qui a nourri ce premier roman énergique et sensible.

Les premières pages lui permettent de nous présenter le duo sur lequel repose le récit : Julien, jeune homme de 18 ans, orphelin et sans domicile fixe et Bardu, un vieil homme bourru mais généreux. Le dernier prend en stop le premier qui veut aller « ailleurs ». Un appel à l’aide poétique que perçoit l’homme. Au bout de quelques centaines de kilomètres, les prémices d’une complicité sont en place. On les retrouve quelques années plus tard. Le jeune homme, surnommé désormais Joujou a mûri auprès de Bardu qui est devenu une figure paternel, un mentor. Joujou a su trouver sa place et l’aider dans son entreprise clandestine : un trafic de cannabis : on ne consomme on fait juste du transport! Des voyages qui les embarquent fréquemment de longues périodes en mer, une vie épique mais qui convient bien aux deux hommes.

Alors que l’ultime voyage se profile pour Bardu, les choses se compliquent. Une jeune fille a décidé de se servir d’eux pour arriver à ses fins : finir sa traversée clandestine et arriver en France. Exaucée, de son prénom, envoûte assez vite le jeune Joujou. Elle va petit à petit raconter son histoire, pourquoi elle est parti du Congo, sa traversée dramatique… C’est une jeune fille qui a peur, qui est en colère, qui ne fait pas confiance facilement, qui est très intelligente. Notre duo va alors se transformer en trio et leurs aventures ne font que commencer! Ensemble, ils vont affronter les dangers et surprises de la mer, vont s’apprivoiser… Et comme le sous-entend si bien le titre, ce voyage en mer va les transformer…

Elle a d’abord roulé des épaules en maugréant puis elle m’a répondu en étirant, arrondissant puis étirant à nouveau ses lèvres, un mot à se tatouer sur le coeur. Un mot plein de belles histoires, de magie noire, de gouffres, de renaissances et de grandes espérances. Un mot qui vous colle une pression monumentale, dès que l’air entre dans vos poumons, le cri de la vie à peine poussé.
– Exaucée.
Elle m’a dit « Exaucée » et moi, je croyais que ce n’était pas possible.

Marine Veith nous offre une histoire haute en couleur, épique avec un trio de personnages écorchés par la vie et terriblement attachant à leur façon. Leurs aventures vont les amener à rencontrer des gens originaux, chacun apportant une voix à un combat (écologique, besoin de liberté, aide aux migrants…) ou à une problématique actuelle (immigration clandestine, trafic de drogue,…). Un roman qui aborde des faits réels, des sujets d’actualités, y apportant un regard humaniste. C’est ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman peut-être le côté humain des personnages, leur part de sensibilité et d’innocence face à la vie qui les écorche, les provoque. Les mots de l’autrice se tissent, se déroulent au gré des humeurs et des péripéties, la langue est ciselée, travaillée, pleines d’images pour nous faire voguer en compagnie de Bardu, Julien et Exaucée.

 

Le roman remue, questionne, sensibilise… mais il fait rire aussi grâce à la galerie de personnages uniques!

2 réflexions sur “Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied de Marine Veith

  1. Argh… je vais vraiment arrêter de te lire !!! Tu donnes trop envie !!! (ou alors tu choisis très très bien tes livres !!!)

    • hihi
      c’est vrai que je suis rarement déçue par mes lectures. Avec le temps je sais ce qui me plaire (et je prends peut être pas trop de risque en allant vers autre chose… mais en même temps je n’ai pas vraiment en genre particulier en préférence. ça dépend mon humeur !)

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