Roman

Là où chantent les écrevisses de Délia Owens

Là où chantent les écrevisses

Autrice : Delia Owens

titre original : Where the Crawdads sing

trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville

Lu par Marie du Bled

11h18

Audiolib, 2020
editions du Seuil, 2020

résumé Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur  » la Fille des marais  » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

 

cequejenaipensé C’est pour des romans comme celui-ci que j’aime lire. C’est pour des romans comme celui-ci que je tiens ce blog pour ne pas que vous passiez à côté d’un tel bijou. 

C’est un roman unique, magnifique, à lire absolument. Un roman qui mêle à la fois poésie, beauté de la nature, portrait d’une jeune femme passionnée et enquête policière. 

Kya est la fille des marais. Une jeune fille qui vit seule depuis ses sept ans dans les marais, une jeune fille vu comme une sauvage et comme une analphabète par les habitants de Barkley Cove, petite veille de Caroline du Nord. Mais Kya est loin d’être celle qu’on s’imagine. Il faut parfois se méfier des apparences.

Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue – comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs – dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges.

Ses frères et sœurs, puis sa mère ont quitté le foyer sans l’annoncer, sans se préoccuper de Kya. Ils l’ont laissé, à 7 ans, en compagnie d’un père violent et alcoolique. Puis lui aussi disparait. Alors, à 10 ans, elle doit apprendre à vivre seule, dans ce marais. Un lieu qui va devenir son salut, son refuge, son habitat protecteur. Elle va apprendre à connaître ses moindres secrets, en observant sa flore mais surtout sa faune. Elle en deviendra l’experte. Le temps passe, les années défilent. La jeune fille devient une belle jeune femme, toujours aussi débrouillarde et intelligente. Mais la solitude la pèse et elle baissera ses défenses quand un jeune homme s’intéressera à elle.

En parallèle de l’histoire de Kya, l’autrice, Delia Owens, commence une autre intrigue en parallèle, un rythme et une ambiance différente : le corps d’un homme a été retrouvé et l’enquête semblerait désigner une jeune fille qui vit seule dans les marais. Bouc-émissaire? véritable coupable? Accident? Meurtre délibéré? Le récit se déroule alors en plusieurs temps, on avance dans cette enquête à suspense, tout en s’attardant sur Kya, sa vie, son œuvre et surtout sa personnalité.

— Avons-nous exclu cette jeune fille parce qu’elle était différente ou est-elle différente parce que nous l’avons exclue ?

L’histoire aurait pu s’arrêter au destin incroyable de Kya, et sa vie épique, différente, si enrichissante même si très loin de la vie « conventionnelle » de l’époque. Un roman parlant de la nature, d’une vie au rythme de la nature, en parfaite adéquation. Mais l’autrice a enrichi son roman « nature writing » en ayant la bonne idée d’intégrer cette enquête, qui complexifie encore plus le côté psychologique du roman, qui pose un regard sur les préjugés, sur le regard que l’on peut poser sur les gens qui vivent différemment.

Delia Owens a une écriture hypnotique, attrayante, très visuelle. J’étais au côté de Kya dans ses marais, sur sa barque ou sur la rive en train d’observer les sternes ou autres hérons. J’étais à ses côtés sur le banc des accusés. J’avais une angoisse au ventre une bonne partie du roman. Car l’écriture de l’autrice n’est pas que visuelle, il y a beaucoup d’émotions, de vie dans ce roman et on ne peut que s’attacher à Kya, à son personnage si singulier.

Quand on a besoin des autres, on finit par souffrir.

J’ai découvert ce roman grâce à la version audiolib portée par la voix de Marie du Bled, qui a une voix qui retranscrit bien la candeur, la fraîcheur de la jeune Kya. Une voix qui s’adapte à l’age de l’héroïne, à son évolution et au contexte. Une voix douce, apaisante, hypnotique qui répond à merveille à l’ambiance de ce roman mêlant nature et suspense.

Une audiolecture envoûtante, magnifique. Un bijou littéraire! 

Une réflexion sur “Là où chantent les écrevisses de Délia Owens

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