Roman

La Fin des océans de Maja Lunde

La Fin des océans

titre original : Blå

Autrice : Maja Lunde

trad. du norvégien de Marina Heide

359 p.

Pocket, 2020
paru aux éditions Presses de la cité sous le titre Bleue

résumé
Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau. Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…
France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…
Une intrigue sophistiquée et palpitante, au service d’une fable dystopique plus nécessaire que jamais.

çacommencepar Rien n’arrêtait l’eau. On en suivait le cycle de la montagne jusqu’au fjord, de la neige qui tombait du ciel sur les sommets à la vapeur qui s’élevait de la mer pour redevenir nuages.

cequejenaipensé Comme vous peut-être, j’ai entendu parler de Maja Lunde et de son roman Une histoire des abeilles, que je n’ai toujours pas lu. Mais j’étais très curieuse de découvrir cette plume tant plébiscitée. j’ai donc ouvert mon exemplaire de La Fin des océans avec beaucoup de curiosité. A noter, ce roman est paru précédemment sous le titre Bleue aux éditions Presses de la cité.
Avec un tel titre, vous vous doutez que l’autrice va aborder un thème cher à son cœur : le changement climatique. Après le destin des abeilles et la disparition des insectes dans le précédent titre, elle aborde ici la montée des eaux et la hausse des températures.
Tu dis qu’on veille par nature sur les générations suivantes, ai-je repris. Sauf qu’en réalité on s’occupe uniquement de nous-mêmes. Nous-mêmes et nos enfants. Au mieux, nos petits-enfants. ais ceux d’après, on les oublie. Alors qu’on est en train d’effectuer des changements qui auront un impact sur les cent générations à venir, de tout détruire pour ceux qui nous succéderont.
Le récit est découpée en deux temps. Dans le présent, en 2017. Nous sommes en Norvège et Signe a un combat qui lui tient à cœur : l’écologie. Et elle a voulu défendre ses idées surtout concernant la destruction d’un glacier. Son combat a eu raison de son amour de jeunesse. Elle vit aujourd’hui dans un bateau et prend la direction du Sud de la France pour retrouver son amour perdu.
– Déterminisme ou pas, la nature ne nous appartient pas, ai-je ajouté en me dégageant de son étreinte. De même qu’on ne lui appartient pas. L’eau n’est pas à nous ni à personne. Et pourtant, on persiste et on signe. Et même si je doute que ça change quoi que ce soit à long terme, je continuerai à manifester et à distribuer des tracts tant que je pourrai me servir de mes jambes et de mes mains !
Nous nous faisons face sur le chemin. J’aurais voulu être plus grande, vu sa manière de me considérer, de considérer ma colère, l’air de se dire que j’étais bizarre, un animal curieux et pas spécialement engageant.
– Mais on peut tout ce qu’on veut, Signe, a-t-il repris calmement. C’est ce qui fait de nous des hommes, ce qui nous différencie des animaux. Et puis, on peut avoir deux avis sur la question, trouver que c’est à la fois cruel et prodigieux, se dire que ces travaux vont améliorer la vie de milliers d’entre nous, aujourd’hui et pour des décennies, et que ce qu’on bâtit là, c’est la civilisation.
Puis nous faisons un bon dans un futur très proche. On fait la connaissance de David et Lou, un père et sa fille qui ont fuit la fournaise d’Argelès. Cela fait plus de cinq ans que la pluie n’est pas tombée, que la chaleur ne cesse de grimper et que les mers et océans montent. La sécheresse s’aggrave de jour en jour. David et Lou ont traversé le pays jusqu’à un camp mis en place pour les réfugiés climatiques dans l’espoir d’y retrouver leur femme/mère et leur fils/frère. La probabilité semble maigre mais l’espoir est là. Dans le camp, la vie est très précaire, tout est comptabilisé, restreint. Les jours passent, les vivres et l’eau s’amenuisent. David et sa fille découvre un jour un voilier échouée. Pas très loin un canal (celui latéral à la Garonne). Et s’ils attendaient la pluie pour pouvoir voguer en pleine mer ?
Tous les glaciers fondent, je le sais, mais le voir de ses yeux ce n’est pas pareil. Je reste immobile, agitée par ma seule respiration. Blåfonna est toujours là, bien que différent. Quand j’étais petite, il descendait quasiment jusqu’au précipice où s’engouffraient les cascades, là où l’eau et la glace s’entremêlaient. Désormais, l’amas bleu s’étend haut sur la montagne, loin du précipice, à une centaine de mètres, peut-être même deux cents. Il s’est retiré, comme pour échapper aux humains.
A la lecture du récit, on ressent l’inquiétude, le danger imminent de ce futur plausible, presque là… Le récit inquiète, alerte en deux temps. Le présent nonchalant, rythmée par les besoins économiques où seuls quelques « alarmistes » tentent de faire passer leur message mais on les prend plus pour des illuminés qu’autre chose. Puis un futur proche, où la situation est devenue catastrophique, dangereuse, semblant sans espoir,  sans une amélioration possible. Un temps qui avance plus lentement comme étouffée par la chaleur ambiante, pesant, angoissant.
J’ai aimé l’écriture de Maja Lunde, une écriture très poétique et assez visuelle, surtout que j’imaginais facilement là où l’action se situait pour les personnages de la partie futuristes car c’est chez moi (ou presque)! ( Je crois que ça fait encore plus angoissant du coup!!). Le message écologique est clair et précis. Si on ne fait rien aujourd’hui, on va droit dans le mur !
Un roman alarmiste et documenté mais qui joue habilement avec la fiction.
Je suis désormais encore plus intéressée par son précédent titre !
Pourtant, ce n’était pas notre maison. Mais un vieil entrepôt rempli de lits de camp.
Et nous étions des réfugiés. Par définition, un réfugié n’a pas de chez soi. Nous avions perdu notre chez-nous.
en brefUne fiction réaliste, une fiction climatique. Une fable dystopique qui fera (j’espère) réfléchir à grande échelle.

2 réflexions sur “La Fin des océans de Maja Lunde

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