Roman "jeunes adultes"

Terre promise de Philippe Arnaud

couv69654178Terre promise

Auteur : Philippe Arnaud

297 p.

Sarbacane, 2022 (Exprim’)

résumé1870, New Hope, un trou paumé du Kansas. Lorsque Jim Lockheart y retrouve la trace de l’homme qu’il traque depuis plusieurs années, il découvre deux choses qui font horreur à son coeur de sudiste raciste et plein de fureur : une femme shérif et un barman noir. Mais sa quête de vengeance le retient là. Lui, le soldat de la guerre de Sécession, lui qui a mené la vie dure aux esclaves de sa plantation, n’imagine pas une seconde que sa haine et son mépris puissent être percés à jour par la belle Ellen comme par le débonnaire Louis. Il imagine encore moins qu’ils puissent déverrouiller son coeur fermé à double tour. Pourtant, lorsque le chasseur de primes Wild Blood, qui sème la terreur partout où il passe, s’abat sur New Hope, Jim se voit forcé de choisir entre les démons de son passé et ce dont il n’osait plus rêver depuis longtemps : un chemin possible. Une terre promise.

çacommencepar Il entend de très loin celui qui est encore son maître lui parler. Il sent que cet homme le tire par le bras en même temps, pour le contraindre à s’éloigner du corps sans vie de la femme qu’il aime. Il perçoit des mots qui n’ont pas de sens – cet homme qui ne lui  a jamais adressé » la parole depuis toutes ces années dit vouloir lui « rendre sa liberté ». Mais comment pourrait-il être libre là où Rachel n’est plus ?

cequejenaipensé Il existe très peu de roman-western dans la littérature ados. Dernièrement j’en ai lu trois très bon : Sans foi ni loi de Marion Brunet, Le Dernier sur la plaine de Nathalie Bernard et maintenant celui-ci Terre promise de Philippe Arnaud. Ils ont comme points communs de planter un décor et une ambiance bien particulière et de nous plonger au cœur de cette époque… orageuse.

Philippe Arnaud nous emmène dans une petite bourgade au fin fond du Kansas en 1870 : New Hope. Une petite ville calme tenue par une main de maître par le shérif en place : Ellen Mapplethorpe. Oui une femme! Elle est une enfant du pays, et elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le bar est tenu par un ancien esclave. Ce qui n’est pas rien au cœur de l’Amérique, si peu de temps après la guerre de Sécession.

Un homme, Jim Lockheart, débarque ainsi dans cette ville. Il est à la recherche d’un homme depuis plusieurs années et son enquête l’a mené ici. Cet homme est pour le moins surpris par les mœurs de cette ville. Lui, un sudiste pur et dur, ancien esclavagiste dans la plantation familiale. En arrivant, il est un homme plein de haine, plein de colère.

Mais New Hope porte bien son nom !

Le Shérif Ellen est surprenante. C’est une femme solide, autoritaire et juste. Elle a su se faire respecter. Louis, le barman, est sympathique et enjoué, mais marqué à jamais par son passé.

En ce lieu, il se sentait, chaque jour davantage, pris dans des sables mouvants. Un verset lui traversa l’esprit : Car nous voyons à présent de manière confuse, comme dans un miroir…

Au fil des pages, on perçoit un Jim différent de notre première impression. Ou plutôt, cette ville, Ellen et Louis, sont en train de remettre en question tout ce qu’il était jusque là. Mais il est toujours à la recherche de cet homme. Il veut se venger.

Ce même homme est aussi l’objectif d’un chasseur de prime dont la réputation violente le précède. Ren que sa description fait froid dans le dos…

Ce western m’a passionnée de bout en bout. C’est noir, c’est sombre. Mais comme le rappelle le lieu où tout se déroule, l’espoir est là. Un renouveau toujours possible. Une terre promise…

L’auteur joue avec la chronologie pour éclairer la personnalité des protagonistes mais aussi pour mettre en perspective le contexte historique. J’ai apprécié ces rappels historiques comme la bataille de Gettysburg ou l’Underground Railroad. Tous les éléments ont une répercussion sur les faits et les actes de chacun. Ellen, Big Louis, Jim et d’autres apportent une vraie force au roman : ils sont charismatiques et pour certains il est même étonnant qu’on finisse par s’y attacher (et ce n’était pas gagné).

L’auteur a su adopter un style et un vocabulaire propre à l’époque : parfois cru, vulgaire, sexiste ou raciste. Là encore, un bon moyen de contextualiser mais surtout de rendre réaliste cette histoire.

en bref Un roman au cœur du Far West où se mêlent vengeance et nouveau départ.

Une réflexion sur “Terre promise de Philippe Arnaud

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