Roman historique

Le Tournesol suit toujours la lumière du jour de Martha Hall Kelly

couv13483678Le Tournesol suit toujours la lumière du jour

Titre original : Sunflower sisters
Autrice : Martha Hall Kelly
trad. de l’anglais par Géraldine d’Amico et Laurence Videloup
696 p.
Pocket, 2022

Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile et la Confédération comme l’Union intensifient la conscription chaque jour un peu plus.
En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes exceptionnelles s’entremêlent.
À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière. Lorsque l’armée de l’Union passe par la plantation du Maryland où elle est esclave, la jeune Jemma est déchirée : doit-elle abandonner sa famille ou renoncer à la liberté? Quant à Anne-May, en charge de la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible.
 
cequejenaipensé Aujourd’hui, je viens vous parler du dernier roman qui faisait partie de la sélection du Grand Prix des lecteurs 2022. Le gagnant sera révélé dans quelques jours et je pense que ce roman a toutes ses chances tellement il est passionnant et documenté.
C’est seulement en lisant les notes de l’autrice en fin d’ouvrages que j’ai découvert qu’il s’agissait du troisième tome d’une série consacré à Caroline Ferriday (une philanthrope américaine connue pour ses efforts pendant la Seconde Guerre mondiale, le premier tome de la saga lui est consacré et s’intitule Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux) et à ses ancêtres. Ici nous faisons donc connaissance avec ceux ayant vécu durant la guerre de sécession. Je n’ai pas lu les précédents ouvrages donc ce n’est pas dérangeant. Le risque est de vouloir les ajouter à sa liste à lire… je plaide coupable !
Nous étions dans un État frontalier et donc pas les seuls à voir les membres d’une même famille combattre dans des camps opposés.
Nous sommes donc aux Etats-Unis, durant les années 1860. Le pays est coupé en deux, entre le Nord et le Sud, entre les abolitionnistes et les conservateurs (pour simplifier…). Nous allons suivre la destinée de trois femmes. Jemma, une jeune esclave appartenant à Anne-May qui tient une plantation de tabac et Georgeanna Woolsey – alias Georgy, une new yorkaise déterminée, indépendante, têtue issue d’une famille aisée mais qui a été élevé dans un esprit très moderne pour l’époque. Elle rêve de devenir infirmière, un métier presque exclusivement masculin, et d’ouvrir sa propre école d’infirmière. C’est cette dernière qui est l’ascendante de la famille de Caroline Ferriday.
Trois destins hors norme et passionnant à suivre. Il est d’ailleurs frustrant de quitter l’une pour revenir à l’autre, mais le contraire est aussi plaisant ! Sauf peut-être pour Anne-May…
Cette dernière tient une plantation de tabac, comme je le disais plus haut. Son mari est parti sur le front. Et si lui était plutôt complaisant, elle, elle est plutôt à classer dans le rayon tortionnaire. Ses esclaves sont ses propriétés et elle compte bien assoir son autorité, épaulée d’un énergumène sournois et cruel. Elle joue d’ailleurs un rôle devant la plupart des gens mais derrière se cache une manipulatrice. Jemma, qui lui appartient (que je n’aime pas utiliser ses mots pour parler d’une personne!), est débrouillarde, intelligente. Elle vit sur le domaine avec son père et sa mère, sa sœur est louée à une propriété voisine. Chose rare, Jemma sait lire et écrire (elle a appris grâce à sa propriétaire précédente). Cela lui sert pour avoir une place de choix (si l’on veut) auprès d’Anne-May. C’est elle qui retranscrit dans un petit carnet tous les secrets qu’elle apprend et fait passer à l’armée des Confédérés… Jemma arrivera à s’échapper, se retrouvera sur le front, à Gettysburg, sera blessée, et accueillie comme une sœur par la famille Woosley. L’autrice a voulu avec ce personnage montré plusieurs facette de l’esclavage et de l’affranchissement des esclaves à cette époque charnière pour eux. Et c’est très intéressant d’avoir ce point de vue. Comme il est intéressant de découvrir celui d’une de ces propriétaires, même si, par la force des choses, il est difficile du coup d’avoir le moindre soupçons de compassion et d’empathie pour elle… Au contraire de la jeune Jemma. J’ai adoré ce personnage même si on tremble plus d’une fois pour elle.
Les gens libres ont tous un nom de famille. Ça veut dire que tu comptes pour quelque chose. Tu le donnes à ceux qui viennent ensuite et eux comptent aussi.
Il est aussi très intéressant d’avoir choisi de mettre en avant le portrait d’une femme de tête, volontaire et déterminée, qui voulait montrer les qualités d’une femme dans un métier qui leur était alors refusé, surtout sur le front. Les femmes étaient considérés comme des petites choses fragiles, bonnes juste pour refaire des pansements et nettoyer les blessés. Mais la détermination et ses compétences de Georgy prouveront le contraire ! L’autrice, Martha Hall Kelly, s’est beaucoup documenté sur ce personnage et ses sœurs qui ont marqué une époque. Lectures de biographie, des lettres personnelles et officielles… Les archives ont été une mine d’or pour elle, même si beaucoup ont été détruites. Je vous invite à lire les notes de l’autrice en fin d’ouvrage pour vous rendre compte de son travail et de la retranscription réaliste de cette héroïne. Et comprendre toute la symbolique du tournesol…

 

Un roman passionnant, écrit avec beaucoup de talent. Il m’a donné envie de découvrir les précédents!
 

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