Bande dessinée

La Disparue de Jérôme Pigney

La Disparue
Auteur : Jérôme Pigney

96 p.

Actes Sud, 2017 (L’an 2)

résumé Une grande dame des Lettres françaises passe quelques jours à Lisbonne pour ses 80 ans et disparaît… Un récit subtil traversé de nostalgie, de dépaysement, de littérature et de politique.

cequejenaipensé Je vous parlais il y a quelques semaines de la première BD de Jérôme Pigney, Un matin de Septembre. Quatre ans plus tard, le revoici avec un nouvel album : La Disparue. L’ambiance et le trait y sont très différents mais les thèmes du souvenir et du secret reviennent.

Ethnologue, Gabriel vient de passer un long moment à Bombay. Il retourne en France où il retrouvera sa maison vide, sa compagne l’a quitté. Il décide de partir en voyage au Portugal, en compagnie de Suzanne sa grand-mère.

« Je ne vais pas à Lisbonne pour la nostalgie mais pour des retrouvailles ».

Petite phrase qui aurait dû mettre la puce à l’oreille de Gabriel. Ce voyage est l’occasion pour lui de découvrir le passé de Suzanne, auteure à succès. Chaque arrêt est l’occasion de raconter, de revivre. L’Espagne, Fontarrabie… où son roman La Prison espagnole se déroule est l’occasion de parler de l’époque franquiste.  Durant le trajet, Suzanne prend des notes, pour écrire un nouveau roman. Arrivés à Lisbonne, elle disparaît sans laisser de traces. Gabriel va se démener pour la retrouver mais toutes les personnes qu’il contacte semble impuissant ou désintéressé.

La question qui vient en tête à la lecture de cette bande dessinée est : connaissons-nous vraiment les gens qui nous sont proches?  Gabriel entretien depuis toujours une relation particulière avec sa grand-mère. Mais ce voyage va lui faire découvrir une toute autre femme. La relation entre les personnages est un thème qui tient à coeur l’auteur.

Ce récit est aussi l’occasion de voyager géographiquement (Inde, France, Espagne et surtout Portugal) mais aussi historiquement. Il évoque les régimes autoritaires de Salazar au Portugal puis de Franco en Espagne. J’avoue que cette période historique est pour moi assez peu connue mais justement c’est l’occasion de découvrir certains faits. et pour l’auteur, c’est également l’occasion de parler des flux migratoires des portugais vers la France et aussi celle des Angolais vers la péninsule lusophone, qui n’est pas sans faire écho à la situation actuelle.

Comme pour Un matin de Septembre, l’auteur a réalisé des planches en noir et blanc pour mettre en image son récit. Mais le trait est plus rond, plus sûr et les dégradés de gris atténuent le côté austère du noir et blanc. Les visages sont également plus expressifs.

Bande-son proposée par Jérôme Pigney pour accompagner cette lecture :
(non testée! je n’aime pas lire en musique!)

Shringar de Shiv Kumar Shamar
John Mc Laughin
Zakir Hussein
Angola de Bernard Lavilliers
Coming down again des Rolling Stones

 

 

 

Les articles sont regroupés chez Noukette cette semaine.

9 réflexions sur “La Disparue de Jérôme Pigney

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