Roman

Les Demoiselles d’Anne-Gaëlle Huon

Les Demoiselles

Autrice : Anne-Gaëlle Huon

Lu par Marie-Eve Dufresne

7h38

Audiolib, 2021
Albin Michel, 2020

 

résumé  J’avais quinze ans quand j’ai pris la route ce matin-là, et une seule idée en tête : rejoindre le Pays Basque, devenir couseuse d’espadrilles, et échapper à mon destin. Jusqu’à ce que je rencontre les Demoiselles. Des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne. Qui étaient-elles ? Quel secret cachaient-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser ma route. Pourtant, ces femmes ont changé ma vie.

 cequejenaipenséDepuis que j’ai découvert la plume d’Anne-Gaëlle Huon avec son très beau Même les méchants rêvent d’amour, il me tardait de retrouver son univers. Et celui-ci… comment dire… sa couverture colorée, ce titre plein de promesse et ce résumé sentant bon mon Sud… je n’ai pas pu passer à côté!

Dans Les Demoiselles, Anne-Gaëlle Huon s’est penchée sur l’histoire des ouvrières espagnoles (les Hirondelles) qui passaient chaque année la frontière pour passer la saison dans une importante usine de fabrication d’espadrilles, à Mauléon, dans le Pays Basque. Et notamment sur le destin de l’une d’entre elles : la jeune Rosa. Elle a à peine 15 ans quand, avec sa jeune sœur, elle traverse les Pyrénées. Le voyage est dangereux. Rosa rêve de nouvel emploi qui lui fera gagner suffisamment d’argent pour aider sa grand-mère. Malheureusement, le voyage sera loin d’être paradisiaque. Et arrivée sur place, elle découvrira la vie d’usine et ses injustices, le regard soupçonneux des basques. Heureusement, ce début sombre et chaotique s’illuminera grâce à sa rencontre des Demoiselles, des femmes fantasques, surprenantes, pleines d’énergie, aux comportements peu communs pour l’époque. Ces femmes clament leur liberté, leur droit de vivre sans un mari. La jeune fille va découvrir un tout autre monde fait de paillettes, de fêtes et de champagnes mais pas seulement. Ces femmes vont lui ouvrir les yeux sur une autre vie, sur une façon d’être. Très vite, Rosa adoptera leur soif de liberté.

Je n’ai pas vu la ville recroquevillée dans la vallée. Je n’ai pas vu le clocher de l’église, la rivière, les ponts, les maisons de bois. Je n’ai pas senti l’odeur du pain frais tandis que le groupe d’hirondelles remontait la grand-rue. Pas entendu le bruit des sabots ni le roulis chaotique de la charrette qui nous emportait vers notre nouvelle maison.
A notre arrivée, on a glissé mon corps inerte dans un lit. On l’a couvert de lainages, de prières et de chapelets. J’étais si pâle que dans la confusion on a cru un instant que c’était moi qui étais morte dans la montagne.
Ce qui étais sans doute un peu la vérité.

Parallèlement, elle découvre, comme elle le rêvait, le métier de couseuse d’espadrilles. Tout un art. Malgré un contremaître malfaisant, Rosa s’applique, s’obstine. Et sur un cahier couche des tas de croquis, d’idées pour des espadrilles plus modernes, qui ouvriraient l’offre à une nouvelle clientèle.

L’espadrille c’est la chaussure du Sud. On ne fait pas un pas dehors sans croiser quelqu’un qui en porte. J’ai adoré découvrir son histoire, sa fabrication. Dans le roman, même si Anne-Gaëlle Huon a pris quelques libertés pour sa narration, on croisera des personnalités qui ont fait les heures de gloire de cette chaussure emblématique.

J’ai adoré aussi l’histoire de Rosa. Une femme libre, qui s’épanouit dans un monde où une femme doit, pour la morale et la bienséance, appartenir à un homme. Au delà de l’histoire d’une région, l’autrice s’attarde aussi sur l’histoire du droit des femmes. J’ai aimé voir son évolution, passant de la jeune fille candide à la femme affirmée et combative.

Tu peux faire tout ce dont tu rêves, Paloma. Le destin, ce n’est pas une question de chance. C’est une question de choix.

La plume de l’autrice est entraînante, joyeuse. Elle fait passer l’énergie de Rosa et des Demoiselles par ses mots, par sa façon de raconter cette histoire touchante. D’autant plus que j’ai découvert ce roman dans sa version audio. Il est porté par la voix douce, chantante de Marie-Eve Dufresne. Elle a su transmettre le combat et l’histoire de Rosa et des espadrilles basques avec tendresse et vivacité.

Sous le charme ! Et vous ?

coup de coeur

Merci à Audiolib et à Netgalley pour cette audiolecture !

 

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