Roman

Iboga de Christian Blanchard

Iboga

Auteur : Christian Blanchard

298 p.

Belfond, 2018

résumé Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité…28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la  » Louisette « .
Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l’avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.Une fois, Max m’a dit quelque chose que j’ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu’il y aura des incohérences, des trucs qui n’iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut.
J’ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J’ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée.

Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

 
 La mort m’attend.
Insaisissable. Elle a pourtant une odeur et un visage.
Imprévisible. elle me prendra quand elle le voudra.
Bientôt.

cequejenaipensé Un titre énigmatique. Un résumé qui interpelle. Il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir l’histoire et faire la connaissance de Jefferson Petitbois.
Jefferson est un adolescent noir de 17 ans qui vient d’être condamné à mort pour une série de meurtres. On est en 1981. Quelques mois plus tard, élection présidentielle, grâce présidentielle. Sa peine est commuée en réclusion à perpétuité. N’est-ce pas pire que le châtiment initial ? C’est sur cette base que l’auteur, Christian Blanchard, a décidé de tisser son récit. 
Dès les premières pages, une tension, une attente est mise en place. D’autant plus que c’est Jefferson qui parle. Qui dit « je ». Le lecteur est en lien direct avec ses pensées, son angoisse, son attente interminable. A l’annonce de sa grâce, l’angoisse prend une autre teinte et le récit fait un bon dans le temps. Dix ans plus tard, Jefferson est dans une cellule d’isolement.
Ce roman a une réel force de contexte et d’ambiance. L’auteur a réussi à installer une tension psychologique avec très peu de personnage ET dans un lieu confiné. Dans cet enfermement, on apprend à connaître Jefferson ado puis adulte. Au début, le lecteur ne sait pas pourquoi il a été condamné. J’ai ressenti très vite une empathie pour ce personnage. On se pose des questions si un tel jugement était justifié, surtout à un si jeune âge. Et puis le temps passe, les choses s’éclaircissent. Les pièces du puzzle se mettent en place. Jefferson se racontent. Il raconte sa vérité. Vérité que personne n’a voulu entendre à l’époque. Le lecteur est pris à témoin. On pénètre dans son âme blessée, tourmentée, isolée. En prison, il n’a plus de contact avec l’extérieur, et ne parle qu’avec les matons. L’un d’eux deviendra très important pour lui. Il va le pousser à lire, à s’évader par les livres et parles mots. Un autre fera de lui son souffre-douleur. 
Ce roman est très fort émotionnellement parlant et psychologiquement parlant aussi. L’auteur réussit à placer son ambiance pesante dans ce lieu confiné. Le thème de l’enfermement est bien mené car le lecteur se retrouve lui aussi prisonnier des mots. Plus on avance dans l’histoire, plus on s’attache à Jefferson, à ses réflexions, à ses faiblesses et à sa force de caractère. Plus on avance dans le récit, plus on découvre ce qu’il a pu commettre avant de purger sa peine. Et malgré ça, l’auteur arrive à nous le faire apprécier. Son détachement et son regard sur ce qu’il a fait donne parfois froid dans le dos mais ce qu’il raconte nous fait poser des questions, immisce le doute sur des circonstances atténuantes, sur de la manipulation. En tout cas, une chose est sûre : l’auteur manipule son lecteur !
en bref Un récit qui nous plonge dans l’enfermement et l’isolement. Les pages défilent, le temps passe, lui, lentement. L’attente, l’angoisse. Un roman plein de compassion et d’empathie. Une lecture qui a su me questionner, m’interpeller, me marquer. Intense.

2 réflexions sur “Iboga de Christian Blanchard

  1. Pingback: Bilan Février 2018 |

  2. Pingback: Aziquilit : 8 ans et toutes ses dents! |

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s