Roman

Ciao Bella de Serena Giuliano

Ciao Bella

Autrice : Serena Giuliano

279 p.
Cherche midi, 2019

 » J’ai peur du chiffre quatre. C’est une superstition très répandue en Asie. Le rêve ! Enfin des gens qui me comprennent ! Je devrais peut-être déménager…
– Vous avez beaucoup d’autres phobies ?
– Vous avez combien d’années devant vous ? « 

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.
Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…
À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

Je suis très perturbée par cette nouvelle grossesse : je fais des cauchemars, des crises de panique incontrôlables : j’ai des idées noires. J’en arrive à espérer que cet enfant quitte mon corps. Je l’ai pourtant vraiment désiré. »
cequejenaipensé Anna a peur de tout. Elle est angoissée. Et commence, en cette année 2010, une thérapie alors qu’elle attend son second enfant. Cette grossesse démultiplie ses anxiétés chroniques. Peur du chiffre 4, peur du vide, peur des restes alimentaires dans la bonde de l’évier, peur du bruit, peur de l’autoroute, peur… d’à peu près tout. Et c’est très difficile à vivre pour elle. De plus en plus. Elle sait qu’il faut qu’elle travaille sur l’origine de tout ça. Et il semblerait qu’elle est enfin trouvée la bonne oreille pour avancer… à son rythme.
–Anna, vous êtes la personne la plus pessimiste que je connaisse.
–Ça, c’est parce que vous ne connaissez pas ma voisine du dessus. Quand je pense être au plus mal, elle arrive encore à m’arrêter dans l’escalier pour me raconter un fait divers horrible, avec tous les détails glauques. Et elle finit toutes ces phrases par « On va tous crever, moi je vous le dis ! ». À côté, je suis la positivité incarnée !
Elle va peu à peu remonter aux origines de certaines de ses angoisses mais surtout faire un gros point sur sa vie. Sa deuxième grossesse et cette thérapie vont lui faire réaliser qu’elle n’est pas heureuse dans sa vie, qu’il manque des choses pour qu’elle soit épanouie totalement (ou du moins le plus possible.)
Au fil du temps (de 2010 à 2018), on voit le personnage Anna s’épanouir, apprendre à vivre avec ou malgré ses angoisses. On apprend à la connaître, à appréhender ses peurs. Elle fait des choix, des rencontres qui auront un impact profond dans sa vie.
Mais n’allez pas croire que ce roman est triste ou mélodramatique! Bien sûr qu’il y a des passages émouvants mais le ton est indéniablement humoristique. C’est frais, drôle, pétillant à l’image de son autrice Serena Giuliano que j’ai découvert sur les réseaux sociaux. D’ailleurs son personnage n’est pas s’en rappeler certains aspects de sa vie ou de son caractère. Dans ce premier roman, il y a beaucoup d’autodérision mais aussi de réalisme. Son personnage exprime ce qu’elle a sur le cœur avec pas mal d’entrain et avec un regard assez lucide sur sa façon de réagir.
J’ai donc toujours écrit. En napolitain, en italien, en français. J’ai toujours adoré le faire, essayer de trouver les bons mots, la tournure parfaite qui exprimerait au mieux une situation, un instant, une pensée.
J’aime écrire car cela ne fait pas de bruit. l’écriture permet de crier en silence, de pleurer sans larmes, de communiquer sans paroles. Parler, c’est terrifiant.
Tout comme son autrice, Anna a changé de vie professionnelle en commençant par écrire un blog sur la réalité d’être une maman moderne. Elle dit tout haut ce qu’on garde secret la plupart du temps. Ce blog sera son espace de survie, l’endroit où elle peut s’exprimer sans avoir (trop) peur du jugement (ben oui ses angoisses sont toujours là… mais si vous savez le syndrome de l’imposteur). Avec ce blog, elle va se dépasser, découvrir une nouvelle Anna.
On trouvera d’autres point commun entre la vie de ce personnage et celle de Serena. Ne dit-on pas que souvent pour un premier roman on s’inspire de ce qu’on connaît ? Une autre façon je pense pour l’autrice de révéler une autre facette de sa personnalité créative.
Je les aime, mes amies. Elles sont peu nombreuses. Elles ont la rareté des choses précieuses.
J’ai adoré cette lecture. J’ai beaucoup ri et j’avoue m’être reconnue dans certains aspects de la personnalité de cette chère Anna. J’ai adoré l’écriture légère, fluide, pleine d’autodérision de Serena Giuliano. Si vous ne la connaissez pas encore, n’hésitez pas à aller la suivre sur Instagram ou sur son blog Wundermum en a ras la cape.
J’ai désormais hâte de lire son dernier roman Mamma Maria (et chanter en italien!).
 
Pétillant, drôle, touchant et sincère !

3 réflexions sur “Ciao Bella de Serena Giuliano

  1. Jai du mal à lire d’autres genre que l’imaginaire alors merci de me faire découvrir autre chose. Ce livre me fait vraiment envie

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